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Trump : quand il ne peut pas mordre le chien aboie.



Mon ami Mohamed Alouah Mohamed a posté récemment un billet sur une éventuelle réunification des deux Corées à l’instar de ce qui s’est passé entre les deux Allemagnes. Par un souci de rigueur je me trouve dans l’obligation de nuancer ses conclusions et de proposer une autre lecture des faits historiques et actuels. Voici ce que je pense :


Pendant les onze ans (1979-1990) que j'ai passés comme secrétaire générale de l'Association d'Amitié Maroco-Coréenne, j'ai eu l'occasion de discuter avec des politiques et des hommes de médias coréens. J'ai eu la naïveté de faire la même comparaison entre ce qui se passait à l’époque entre les deux Allemagnes (chute du Mur en 89) et ce qui pourrait se passer entre les deux Corées.


La réponse de mes interlocuteurs étaient unanimes : seule l'URSS affaiblie et agonisante s'était opposée mollement à la réunification de l'Allemagne. Du coup cette réunification était inéluctable.


Par contre la réunification de la Corée est combattue âprement par trois puissances, et pas des moindres.


D'abord le Japon, qui pour des raisons historiques remontant à la nuit des temps, s'est trouvé très fréquemment en guerre avec la Corée. L'animosité entre les deux peuples fait partie de la culture de chacun d’entre eux. A titre de comparaison l’animosité entre le Maroc et l’Algérie pose problème alors qu’elle n’a commencé que depuis une quarantaine d’années. Que dire d’une animosité qui est là depuis des siècles et des siècles !


Aujourd’hui le Japon ne va pas s'accommoder avec la Corée de 76 millions d'habitants disposant à la fois de la puissance économique du Sud, et de la capacité nucléaire et balistique du Nord.


Le grand perdant d’une probable réunification serait à coup sûr les USA. Leur présence dans la région vient du fait qu'ils se sont "substitués" aux Nations Unies pour garantir l'armistice de Pan Mun Jon de 1953. Un simple accord de paix entre les Corées et a fortiori leur réunification rendrait caduque, et même illégale la présence américaine dans la péninsule coréenne.


Même en jouant sur l'animosité Japon-Corée, les USA devront à terme évacuer toutes les bases militaires dans cette partie du monde. Moins de présence signifie moins d'influence, aggravant la frustration d’un pays qui ne prospère que grâce à un interventionnisme systématique sur tous les théâtres de crise.


On ne peut pas dire que la Chine n'a eu que de bons rapports avec la Corée. L'Histoire nous dit que sa frontière avec cette dernière a été une des moins paisibles. Cependant le glacis nord coréen a été très utile à la Chine. Il a permis d'endiguer l'agressivité américaine à un moment crucial de la genèse de la RPC. Par la suite, il a servi d’abcès de fixation pour contrer l’expansionnisme américain.


On voit mal comment la Chine va se défoncer de cet atout, jusque là, intelligemment instrumentalisé. Va-t-elle s’accommoder d’une réunification qui verra la Corée du Nord se fondre dans un ensemble hostile, qui plus est, aguerri militairement et surtout économiquement ? D’une manière générale une grande puissance s’accommode mieux d’un voisin suffisamment affaibli pour ne jamais affecter sa soif puissance.


Les votes successifs de la Chine au conseil de sécurité masquent mal son embarras vis à vis de sa voisine.


Alors la Corée du Nord coupable de bellicisme ou victime ? L’aspiration à la réunification est ce qu’il y a de plus légitime quand bien même la méthode choisie par le Président nord coréen est sujette à caution. Si le Sud a choisi l’expansion économique pour asseoir la puissance coréenne, le Nord, héritier d’un système économique équivoque, s’est délibérément orienté vers le côté militaire.


C’est ce côté militaire qui provoque les réactions épidermiques des Américains. Qu’importe, les USA restent dans ce conflit le maillon faible. Faibles car ce sont des intrus dans la région, faibles par leur réputation sulfureuse de nation agressive, faibles aussi parce qu’ils sont dans l’incapacité d’aller jusqu’au bout de leurs de menaces en bombardant un pays limitrophe à la fois de la Chine et la Russie. Même un fou furieux comme Trump ne s’y risquerait pas. Ses incartades verbales masquent bien son incapacité à agir.


Abdelahad Idrissi Kaitouni.



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