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Pourquoi une rencontre Mohammed VI - Abdelmajid Tebboune ?



Depuis quelques jours tout le monde se fait écho de l’imminence d’une rencontre entre les deux chefs d’états maghrébins. Passé le moment de surprise, l’événement est d’une grande importance et suscite des réactions diverses. L’enthousiasme des uns est freiné par les réserves des autres, l’irrésistible envie de voir enfin poindre une issue heureuse à ce vieux conflit est passablement tempérée par le scepticisme ambiant nourri par tant d’occasions avortées.


Pourquoi une nouvelle tentative de rencontre au sommet dont on mesure mal les chances de succès ? Quels sont les mobiles qui poussent les protagonistes à prendre un tel risque alors que les conditions ne semblent pas réunies ?


Côté Maroc, les choses sont plus que évidentes puisqu’il vise ni plus ni moins que la reconnaissance définitive par les voisins de la marocanité de son Sahara. Cette reconnaissance entraînera l’ouverture des frontières avec ce que cela signifie comme promesses d’importantes retombées économiques. On estime que le pays perd annuellement jusqu’à 2% du PIB, ce qui représente l’équivalent d’un PIB entier depuis le début du conflit. A cela il faut ajouter la frénétique course aux armements que l’Algérie nous impose. Ces dernières années le Maroc a mobilisé près de 10 milliards de Dollars pour sa défense contre 35 pour l’Algérie sur la même période. Imaginez un instant ce que serait notre École et notre Hôpital sans la menace extérieure !


Côté Algérien les motivations sont moins évidentes. Disputer au Maroc son Sahara était le moyen le plus sournois pour l’affaiblir. Quel intérêt y a-t-il à affaiblir son propre voisin ? Au contraire un voisin prospère est une source évidente d’un enrichissement mutuel. Le jour où l’Algérie s’amusera à faire le bilan de ce que lui aura coûté ce conflit imposé au Maroc, on sera pris de vertige tant les chiffres sont énormes. Avec leur belle manne pétrolière, les Algériens n’étaient pas très regardant sur la dépense.


Malheureusement ce n’est plus le cas aujourd’hui, car la manne semble se tarir. Il ne faut pas s’en réjouir ! Il faut souhaiter que nos voisins considèrent leurs priorités et comprennent qu’un Maroc fort et prospère compensera largement tout ce que le pétrole ne peut plus leur assurer.


Ceci nous ramène à la rencontre prévue entre Mohammed VI et Tebboune. Rien ne laisse penser que cette initiative est le fait du Maroc, car notre pays est à l’abri de toutes formes de pressions internes ou externes. S’il se prête de bonne grâce aux sollicitations de l’autre partie ou d’un quelconque médiateur, ce n’est pas pour apporter quelque chose de nouveau, mais pour tenter une fois de plus d’infléchir l’hostilité du protagoniste. Le Maroc reste en cela fidèle à la modération dont il ne s’est jamais départi dans ses relations avec l’Algérie.


Mais on a tout le mal du monde à croire que le revirement algérien est consécutif à la pression d’une partie « médiatrice ». On est plutôt tenté d’imaginer que la médiation a été provoquée par l’Algérie elle-même. En effet, tous les observateurs s’accordent à dire que ce pays traverse depuis quelques années une crise multiforme des plus sévères : financière, économique, politique, sociale, et même existentielle. S’affranchir d’un boulet, en l’occurrence le voisinage, est le début prometteur de la solution d’une équation à plusieurs inconnus. Pour y arriver la partie algérienne doit enfin comprendre qu’elle n’a rien à négocier, et par conséquent rien à attendre du Maroc en contrepartie de la reconnaissance de la marocanité de son Sahara, sauf qu’il manifestera à son égard beaucoup de bienveillance et offrira toute sa disponibilité pour la construction d’un grand ensemble régional mutuellement profitable.


Le régime algérien serait-il prêt à franchir le pas avec la reconnaissance de l’intégrité territoriale de son voisin ? Serait-il en mesure de mettre fin à la féroce campagne anti-marocaine qu’il mène depuis plusieurs décennies ? Comment justifierait-il ce revirement auprès des Algériens de moins de cinquante ans qui ont tous goûté, dès le biberon, à l’hostilité du Maroc ? Quelle attitude aura-t-il vis à vis des pays qu’il a entraînés dans sa croisade anti-marocaine ?


Pour chambouler cette «culture ambiante anti-marocaine », le Président Tebboune a besoin de faire oublier les propos très désobligeants qu’il ne cesse de proférer à l’encontre du Maroc, et ce dès son arrivée au pouvoir et jusqu’à ces tous derniers jours. Il a en outre besoin de s’assurer de l’adhésion de tout un aréopage de gradés. Mais ce dont il a le plus besoin c’est beaucoup d’audace et d’un courage à toute épreuve, un courage proche de la témérité. Le courage lui fait défaut et la témérité ne lui ressemble guère ! Quant à l’adhésion de ses pairs, rien n’est moins sûr car chaque jour nous apporte son lot de règlements de comptes au sommet de l’état. On est loin de l’unanimité de façade.


La difficulté pour le responsable algérien paraît quasiment insurmontable. Ce qui amène nombre de sceptiques, et ils sont légions, à mettre en doute la sincérité de la démarche du locataire d’Al Mouradia. Pourquoi le voyage à Rabat si ce n’est pas pour consacrer l’intégrité territoriale du Maroc. Est-ce une manœuvre pour se dépêtrer des immenses difficultés où se débat pouvoir algérien ? S’agit-il d’une tentative de reprendre la main sur le plan diplomatique, là où l’Algérie n’a essuyé que des échecs ces dernières années ?


Les plus pessimistes y voient une sordide opération de communication qui consisterait à prendre les opinions publiques à témoin sur leur prétendue bonne volonté face à une supposée obstination du Maroc. L’échec annoncé de la rencontre sera le prétexte pour relancer, en la rafraîchissant, la campagne anti-marocaine. Cette hypothèse est loin d’être fantaisiste. La preuve : la facilité avec laquelle le Maroc aurait accepté cette rencontre au sommet. Une fois de plus le pouvoir algérien va enfoncer des portes ouvertes.


Quoiqu’il en soit cette rencontre, si elle devait avoir lieu, arriverait à la fois trop tard ou trop tôt. Trop tard parce qu’on a laissé se développer les métastases** d’une tumeur** devenue problématique ! Trop tôt car il va falloir s’assurer de l’éradication de ces métastases !


Abdelahad Idrissi Kaitouni

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** Désolé pour cette métaphore médicale, j’aurais pu parler de conflit au lieu de tumeur et de séquelles au lieu de métastases.


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