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Les mots pris en otage.




Les mots ne sont jamais neutres, les mots sont rarement innocents, les mots blessent souvent. Les mots commencent et accompagnent les guerres. Du coup les mots (et les images) deviennent des munitions qu’on fourbit avant de livrer bataille. Qui d’autres que les médias savent user et abuser des mots pour mener ces batailles ?


Aujourd’hui les médias constituent un véritable corps d’armée dans les conflits au point que certains disent que les armes conventionnelles viennent parachever les victoires initiées avec les mots et les images.


Sous couvert de combattre l’Islam radical, les médias occidentaux livrent une guerre totale et implacable contre les Musulmans. Ils ont fourbi leurs armes en imposant aux mots l’usage qu’ils veulent avec les significations qu’ils veulent.


C’est ainsi par exemple qu’ils ont confisqué le mot « résistance » qu’ils réservent exclusivement à leur lutte contre le joug qu’ils subissent. Mais quand c’est eux qui font subir leur domination à un peuple, toute forme de résistance devient terrorisme. L’étymologie du mot est altérée puisque le vocable terroriste ne s’applique plus à « toute personne qui sème la terreur », mais exclusivement aux Arabes et/ou Musulmans auteurs d’actes terroristes. A l’annonce des tueries de Las Vegas et de Miami qui ont fait des dizaines de victimes, les médias se voulaient très rassurants en insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’actes terroriste, les auteurs n’étant pas des Musulmans.


Ahurissant ! Démoniaque que d’attribuer des actes aussi monstrueux à de simples déséquilibrés ! A ce rythme finiront-ils par absoudre tout assassin dès lors qu’il n’est pas musulman ? Non, ce dérapage était là juste pour rappeler que terrorisme ne s’applique qu’aux exactions commises par des Musulmans.


Les mots à forte charge négative sont dédiés systématiquement à la catégorie de la population qu’on cherche à stigmatiser.


Notre propre vocabulaire est dévoyé à son tour. Je m’arrêterai aux mots les plus usités : jihad et salafisme dont la signification en Arabe est on ne peut plus « digne ». A l’école, le suprême compliment pour un élève est de dire qu’il est « moujtahid », qualificatif qui trouve sa racine dans jihad, c’est à dire effort pour atteindre l’excellence. La mauvaise foi ne retient du mot jihad que le côté effort ou lutte, qui une fois associé à guerre sainte, rend le mot ... obscène.


Idem pour le mot Salaf qui signifie : ceux qui nous ont précédés, ceux qui nous ont fait le « prêt » des valeurs et traditions (à restituer aux générations suivantes). La déformation de la signification de ce mot est une manière de jeter l’opprobre sur notre héritage culturel et bien entendu religieux.


Les mots pris en otage font mal, mais combinés pour créer une expression, ils deviennent plus redoutables. Prenons l’exemple de l’expression « judéo-chrétien ». C’est une imposture sans nom ! Comment peut-on soutenir l’existence d’une culture ou civilisation judéo-chrétienne alors que la chrétienté s’est construite dans le rejet du judaïsme ? Ce rejet était tellement ancré dans les esprits qu’il explique pour une large part les pogroms et les massacres de Juifs qui ont jalonné l’histoire de l’Europe chrétienne.


Les gens de ma génération ont appris dans les livres d’histoire, comme Lagarde et Michard, livres conformes au programme officiel du ministère de l’éducation nationale de France, que la France et l’Europe sont les héritières de la civilisation gréco-romaine. D’ailleurs le grec et le latin étaient systématiquement enseignés dans les lycées. Comment pouvait-il en être autrement alors que l’essentiel du vocabulaire français est d’origine grecque ou latine ? En dehors du mot Shoah, quel autre mot hébreu figure dans le dictionnaire français ? Peut-on avoir une culture commune sans la moindre porosité linguistique ?


Revendiquer l’existence d’une culture judéo-chrétienne relève de la pure supercherie. L’usage de cette expression s’est propagé à partir des années 1980, à un moment où l’hostilité à l’Islam commençait à se construire. Ceux qui ont inventé cette expression voulaient manifestement exclure l’Islam de toute communion avec les autres religions. On ne peut être plus clivant !


C’est avec la même désinvolture que les responsables et médias occidentaux ont fait un hold up sur l’expression « communauté internationale ». Prenons le cas du Président Macron : en quatre heures d’interviews et un discours devant le Parlement européen, il a prononcé une vingtaine de fois cette expression. Il s’est même évertué à vouloir lui donner une identité, tout en la réduisant aux trois membres permanents du Conseil de Sécurité : USA, GB et France.


Quel déni de réalité ! Même en associant à ces trois pays, l’Europe, le Japon et autres états affidés, on n’arrive pas à un milliard de personnes. Comment peut-on faire fi du sentiment et de l’opinion des six milliards et demi d’humains restant ?


L’Occident se renferme de plus en plus dans son arrogance, une arrogance qui le rend aveugle et insensible aux souffrances du reste de la planète.


L’impuissance du monde arabo-musulman face à la déferlante verbale qui est une forme aboutie de la guerre sans merci que lui livre l’Occident, cette impuissance semble encourager ce dernier à assouvir sa domination. Passe encore que l’Islam puisse continuer à subir les assauts de toutes sortes, mais qu’en sera-t-il du reste du monde qui n’en peut plus d’accepter la supposé supériorité de l’Occident ?



Abdelahad Idrissi Kaitouni.

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