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Comment l’Algérie cherche à déposséder le Maroc de son identité ? (3ème Partie)




Comment l’Algérie cherche à déposséder le Maroc de son identité ?

Article trop long ! J’ai cru bon de le publier en 3 parties :



3 ème Partie : Le Maroc, et la malédiction algérienne !

Le hold-up permanent de l’Algérie sur l’identité marocaine, tourne désormais au fiasco. Et pour cause ! Une identité se construit patiemment dans une confrontation successive avec l’adversité pour constituer dans le temps l’histoire de la nation. Faut-il leur rappeler que l’identité est la dernière chose à emprunter ou à voler à un autre pays ! La preuve, après six décennies nos voisins s’impatientent, ils n’arrivent pas à devenir Marocains.


Pourtant, Dieu sait que la Nature les a remarquablement dotés grâce à cette manne formidable que sont les hydrocarbures. Pendant les quatre premières décennies de leur indépendance, ils disposaient d’un revenu annuel en devises cinq à six fois supérieur à celui du Maroc. Ils avaient de quoi devenir les dragons de l’Afrique, le Qatar de la Méditerranée.


Malheureusement c’est le contraire qui s’est produit. La régression est telle qu’elle semble avoir été accentuée par la «faute» des hydrocarbures. Comme si le vertige des 1 500 milliards de dollars collectés ces trente dernières années avait précipité l’Algérie dans les profondeurs des abysses.


Un pays naguère très riche, peine à nourrir aujourd’hui sa population. Une population réduite à faire la queue, des heures durant, devant les magasins d’alimentation pour obtenir du lait, de l’huile, de la farine, etc… . Les observateurs redoutent une accentuation des pénuries des produits de première nécessité qui risqueraient de faire basculer le pays dans l’inconnu.


Toutefois la junte militaire ne semble pas vouloir prendre conscience de la gravité de la situation, et demeure aveuglée par sa seule obsession : le Maroc !


Attitude impardonnable, mais parfaitement compréhensible quand on se réfère à l’absence de tout repère culturel, et du moindre recul historique. Mais les attributs d’une nation ne sont guère réunis chez nos voisins. Du coup la hargne des dirigeants envers le Maroc trouve un écho favorable et du répondant dans une population qui cultive à son tour la haine du Marocain, et se complaît souvent dans un anti-marocanisme primaire.


Dans de précédents écrits, j’ai déploré l’attitude «intellectualiste» qui accrédite l’idée trop idéalisée des peuples perçus comme bons, corrects, honnêtes, bref au-dessus de tout soupçon, tout en faisant porter les perfidies qui en émanent aux seuls dirigeants. Les gouvernants ont le dos large, très large puisqu’ils sont les méchants, alors que les peuples sont gentils. Il suffit de se pencher sur ce peuple, dit algérien, pour récuser la vanité d’une telle assertion.


S’il est vrai que la junte militaire a tout fait pour exacerber l’anti-marocanisme, la populace, toutes bridés lâchées, a basculé dans une vindicte où le mot le plus infamant est le mot «Marroqui». Dans une vidéo algérienne sur YouTube, lors d’une interview-trottoir, un passant a été jusqu’à déplorer qu’un « Marocain puisse avoir des yeux ! ». Il a dit textuellement en Arabe : حرام فالمروكي عينوه.


Loin d’être un dérapage, de tels propos trahissent une haine profonde, et je ne connais pas de mot plus appropriés pour les qualifier. S’il faut retenir le terme générique «haine» pour décrire le sentiment de l’Algérie profonde pour l’ensemble du Maroc, il y a lieu de redouter une surenchère qui ferait apparaître des niveaux paroxysmiques de haine comme toujours insuffisants, et donc surpassables.


Serais-je masochiste au point d’aller voir régulièrement les vidéos de certains influenceurs algériens sur YouTube ? Peu importe le mal que je m’inflige en regardant ces inepties si cela devait me permettre de comprendre un tant soit peu les raisons de cette haine. J’avoue que je n’y suis pas arrivé tant la palette des griefs inventés est large. Le fond commun est d’être le plus inventif pour surpasser des propos déjà très violents des autres. On est dans le cas type d’hystérie collective !


Le côté hystérique n’est pas perçu comme tel, pire ce climat délétère paraît normal et justifié pour une écrasante majorité d’Algériens. À leur yeux, la damnation qui frappe le Maroc, est le fait des Marocains eux-mêmes. Une manière de dire que c’est nous qui réveillons les démons de la jalousie parce que nous réussissons mieux qu’eux tout ce que nous entreprenons.


Dans une vidéo qui circulait sur les réseaux sociaux en Algérie, il y avait un débat sur le secteur des BTP. Un intervenant a fait remarquer que le Maroc construit lui-même ses autoroutes avec des coûts et des délais raisonnables, alors que l’Algérie a mis quinze ans à terminer l’autoroute Est-Ouest, avec plus de 10 000 ouvriers chinois. Il construit aussi ses barrages, et réalise plus de 200 000 logements par an, sans recourir à un corps expéditionnaire d’ouvriers étrangers. Silence pesant sur le plateau, vite rompu par l’animateur qui, d’une manière péremptoire dit que les «Marocains sont des enfants maudits !» (المراركة مساخط الوالدين). Il ajouta : «nous débattons des BTP et non des maudits Marocains». Le débat a cependant été bel et bien détourné pour laisser la place à une cacophonie, où les mots déments, et démons revenaient fréquemment pour désigner les Marocains. Le plus choquant, ce n’est pas tant les propos obscènes pour parler du Maroc, mais l’unanimité de l’ensemble des intervenants et cette surenchère pour le qualifier avec le terme le plus infamant.


Les Algériens ne sont jamais d’accord entre eux, sauf quand il s’agit de leur l’hostilité au Maroc. La cohésion du pays trouve son liant dans l’usage abusif et non approprié de mots comme monarchie, Makhzen, Roi, et tout autre vocable qui évoque le Maroc. À croire que l’unité de l’Algérie ne dépend que de cette hostilité.


Dans des réunions publiques, qu’elles soient politiques, professionnelles, ou même amicales, les débats partent dans tous et les sens, et les présents ne s’écoutent plus tant la cacophonie devient la règle. Il suffit de mentionner quelque chose sur le Maroc pour que les discussions deviennent autres : il n’y a plus alors de divergences d’opinions, le débat commence par de longues litanies sur les exactions et complots ourdis contre la «valeureuse nation algérienne», et finit par un flux ininterrompus d’insultes contre le maudit voisin. Insulter le Maroc devient le sport favori du responsable algérien, et jusqu’au citoyen lambda qui, à son tour, est devenu friand de cet exercice.


J’ai tenu à faire cette longue digression pour démontrer à quel point l’Algérie est complètement gangrenée par une maladie sournoise, synonyme de Maroc. Une gangrène qui n’épargne aucune couche de sa population. Bien malin celui qui pourrait prévoir comment elle en guérirait un jour. On serait plutôt tenté d’envisager l’aggravation de la situation. En effet, le Maroc s’installe dans un trend de progrès, ce qui va sûrement exacerber le ressentiment de ses voisins de l’Est.


La crise risque de perdurer. Longtemps, très longtemps. Une guerre de 100 ans sur le Continent africain, et nous n’en sommes qu’à mi-parcours. Aucun indice probant pour ramener la paix dans les … cœurs. Même la reconnaissance de la marocanité du Sahara par l’Algérie ne suffirait à y mettre un terme. Si la reconnaissance devait arriver, et elle arrivera sous peu, ce ne sera pas un acte délibéré et pleinement accepté par la junte militaire. Il résultera, soit de contraintes d’une conjoncture internationale défavorable, soit d’un rééquilibrage du pouvoir à l’intérieur.


Face à tout cela, les Marocains font preuve de beaucoup de flegme, mais parfois d’une coupable naïveté. Récemment ils ont pris conscience que l’Algérie est une forme de malédiction qui bride notre développement depuis six décennies. Les entraves à l’UMA (une perte de 1,5 à 2 points du PIB sur un demi-siècle), auxquelles il faut ajouter les dépenses phénoménales engagées pour La Défense nationale pour déjouer les incessantes attaques multiformes perpétrées par nos voisins, nous renvoie à la réalité d’une Algérie hautement toxique.


L’Algérie mène contre nous une guerre tout azimut, une guerre totale. On a vu plus haut comment elle tente vainement de nous voler notre identité, et, en entravant notre développement elle tente de voler l’avenir de nos enfants. Il ne manque plus que le versement du sang pour atteindre les sommets de la cruauté. Dire que ce voisinage est une malédiction, est devenu une évidence pour la majorité des Marocains, au point que nous sommes de plus en plus nombreux à redouter l’ouverture des frontières même en cas de reconnaissance de la marocanité du Sahara.


Contrainte et forcée, l’Algérie reconnaîtra notre souveraineté sur Sahara. En aucun cas cette reconnaissance, obtenue de mauvaise grâce, ne doit signifier la fin de la belligérance. Le problème du Sahara n’est que la partie apparente du conflit, et la haine des Algériens ne s’éteindra pas pour autant avec lui. Les raisons profondes du conflit sont toujours présentes car nous incarnons et incarnerons toujours une identité forte qui leur fait gravement défaut.


La vigilance doit rester de rigueur ! Le semblant de paix qui s’instaurerait entre les deux pays n’enlèvera rien à leur féroce hostilité, mais risquerait de nous abuser et déjouer notre vigilance. La propension des Marocains à pardonner est grande, mais il y a lieu de redouter l’autre propension à l’oubli, car les peuples sont connus pour avoir généralement la mémoire courte. Dans nos rapports futurs, nous devrions nous rappeler à chaque instant tout ce que nos indélicats voisins nous ont fait subir.


J’ai pleinement conscience du tollé général que vont susciter des propos aussi sévères sur l’Algérie. Pourtant, j’avais toujours eu par le passé un préjugé des plus favorables sur ce pays. J’appartiens à cette génération de militants de gauche qui au début des années ‘60 vivaient intensément une sorte «d’Algérie-mania», non seulement en glorifiant la victoire du David algérien sur le Goliath français - à laquelle notre pays a largement contribué - mais aussi parce que ce pays nouveau allait être le laboratoire idéal pour la mise en œuvre des valeurs du socialisme.


Un de mes tout premier écrit, il y a une soixantaine d’années, consistait en un panégyrique de la Chartes d’Alger. Je le rappelle sans honte pour signifier que mon attitude aujourd’hui à l’égard de nos voisins n’a rien de subjectif. Ce qui semble être une volte-face, n’est en fait que la conséquence des agissements immoraux et d’une politique diabolique du non moins diabolique Boumediène et de ses successeurs. Mon rejet est le résultat d’un processus de dégradation de l’image de l’Algérie que les dirigeants de ce pays, et maintenant de ses populations, ont tout fait pour la ternir.


Je m’excuse de choquer tous mes lecteurs qui continuent à nourrir l’espoir que l’Algérie devienne un jour une nation avec une culture et une histoire qui lui soient propres. Avoir la dent dure avec quelqu’un, n’est pas synonyme de méchanceté et encore moins de haine !


Le Maroc apparaît clairement comme un mal obsessionnel pour l’Algérie. Qu’elle ne devienne pas à son tour notre maladie endémique. Sachons garder nos distances et surtout notre … mémoire !


Abdelahad Idrissi Kaitouni.













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1 Comment


Abdelaziz Erchidi
Abdelaziz Erchidi
May 21, 2022

Cher Monsieur,

J'ai parcouru en long et en large votre récit en trois partie, vue sa longueur, et j'avoue que j'ai été très satisfait de son contenu car il reflète amèrement la réalité.

Il est certain que, quoi qu'il arrive, les algériens ne changeront jamais et que le ROYAUME DU MAROC, mon cher pays, est condamné:

- à continuer à aller de l'avant comme il l'a toujours fait, car c'est sa prédestinée,

- et à tenir compte dans cet élan, qu'il a un voisin malsain et toxique qu'il faut toujours et désormais placer devant soi et non pas derrière soi.

Merci pour votre écrit.

Abdelaziz ERCHIDI

Professeur Universitaire


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