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Une petite guerre algéro-marocaine pour … secourir la France !?




En date du 26 septembre 2023, j’ai signé une chronique (https://www.nouveaudonquichotte.com/post/ndq-algérie-arrêtez-moi-ou-je-fais-un-malheur) dans laquelle j’écartais la probabilité d’une guerre entre l’Algérie et le Maroc. Je me fondais dans mon analyse sur les données du moment, notamment la prise de conscience par la junte militaire de la vanité de son impressionnant armement.


En effet depuis six décennies, et surtout depuis sa déroute lors de la « guerre des sables », l’armée algérienne s’est dotée d’un arsenal de guerre sans nul autre pareil dans le continent. La manne des hydrocarbures, jointe à la cupidité des généraux ont conduit à des achats compulsifs d’armements de toutes natures, souvent hétéroclites et parfois destinés à des usages incertains.


Acheter, acheter et encore acheter, en engrangeant au passage de solides commissions, tel était le sport prisé par tout l’État-major algérien. À croire qu’il visait à faire de l’armée ce mythique mouton à cinq pattes : il a plus de pattes que les autres, mais ne peut pas marcher comme les autres !


L’essentiel de l’approvisionnement provenait de Russie. Un pays en crise, qui sortait de l’implosion de l’ex-URSS, et qui n’a pas réussi à innover son armement classique, investissant ses moyens restants dans l’amélioration des armes nucléaires et les porteurs balistiques et subsoniques. La preuve en est que, engagée dans une guerre classique en Ukraine, l’armée russe peine à s’imposer malgré une supériorité numérique incontestable.


La junte militaire algérienne s’était rendue à l’évidence que son arsenal, pour impressionnant qu’il est, ne fera pas le poids face aux équipements très sophistiqués de l’armée marocaine. De plus, la Russie ne pourra fournir ni munitions, ni pièces de rechange tant elle en a besoin pour poursuivre sa guerre en Ukraine. L’Iran, le nouvel allié, ne sera d’aucun secours pour l’Algérie, car s’estimant lui-même menacé n’acceptera jamais de se défausser d’une partie de son armement, fut-elle minime.


L’Algérie a mis momentanément un bémol à son bellicisme armé à cause de son arsenal obsolète et complètement désuet.


Certes, dans tout conflit la qualité de l’armement est décisive, mais est-ce suffisant ? Pour déclencher une guerre on a besoin de solides alliances et du soutien d’une partie de l’opinion internationale. L’Algérie ne disposait ni de l’unes, ni de l’autre, on comprend qu’avec toutes ses carences, elle avait intérêt à surseoir à une aventure guerrière à l’issue incertaine.


Récemment les choses semblent avoir changé du tout au tour. Désormais elle peut compter sur le soutien inattendu mais réel de la France. Malgré la défiance des uns vis-à-vis des autres et les relations chaotiques entre les deux pays, Français et Algériens semblent avoir trouvé dans leur hostilité commune au Maroc, les bases d’une entente inespérée.


A l’origine du renouveau des relations franco-algériennes, il y avait le souci de la France de s’assurer l’approvisionnement en gaz en remplacement du gaz russe interrompu pour cause de guerre en Ukraine. Mais nul n’est dupe, la manœuvre est, on ne peut plus claire ! Sous couvert de contrats gaziers, les nouveaux alliés peinent à masquer qu’ils tentent de bâtir une alliance militaire visant exclusivement le Maroc. Sinon comment expliquer les égards réservés au maître d’Alger, le généralissime Saïd Chengriha lors de sa visite à l’Élysée ?


Nuire au Maroc est depuis soixante ans l’unique aspiration de l’Algérie, dut-elle pour cela s’engager dans une alliance contre nature. Malgré qu’elle assimile la France au diable, et que cette dernière lui fasse subir toutes les formes d’humiliations, pour l’Algérie, le ressentiment à l’égard du Maroc est ce qui compte. Tout ce qui peut être dommageable au Maroc est le bienvenu. Pour peu qu’une alliance serait en mesure d’ajouter à ce dommage, et voilà l’Algérie qui y adhérerait avec toute son énergie.


C’est tout normalement qu’elle sautera sur toute occasion qui causerait du tort au Maroc. Quant à la France, elle jouait jusque là subtilement pour ne pas dire sournoisement. Mais ces derniers mois, le jeu se fait de moins en moins discret et l’agressivité devient plus apparente. Elle n’arrive plus à masquer son agacement face aux progrès du Maroc, que ce soit sur le plan économique et/ou diplomatique. Il est clair que ses percées en Afrique, et ses nouvelles alliances diplomatiques confèrent au Maroc un statut international suffisamment important au point d’incommoder sérieusement la France. Cette dernière connaît une véritable descente aux enfers dans plusieurs anciennes colonies. En quoi le Maroc serait-il responsable de ces déboires ?


En s’aventurant sur ce que la France considère comme sa chasse gardée, le Maroc ne pouvait que s’attirer les foudres des Gaulois. Alors comment le punir, comment attaquer un pays qui évite obstinément les conflits ? La solution est toute trouvée : s’allier à l’Algérie dont la vindicte et la haine du Maroc sont déjà connus de tous.


La France porte une détestation aussi forte à l’Algérie, et l’appui qu’elle lui apporte ne conduira pas à une victoire algérienne. Cependant l’Élysée n’a pas hésité à proposer son concours à Chengriha. Des aides assez importantes pour arriver à bout des hésitations de l’État-major algérien, et l’encourager à engager des opérations armées contre le Maroc.


Pourquoi la France cherche-t-elle à lancer une guerre punitive contre le Maroc par Algérie interposée ? En fait, les stratèges de la DRSE pensent faire d’une pierre deux coups : favoriser une guerre entre les deux protagonistes du Maghreb, suffisamment dévastatrice pour qu’ils en sortent exsangues pour plusieurs décennies. On se doute qu’après coup, la France sous prétexte de panser les plaies de pays meurtris, va en profiter pour restaurer sa domination au Maghreb et partant en Afrique.


En d’autres circonstances, ce scénario diabolique aurait permis à la France d’enrayer l’inexorable recul qu’elle subit un peu partout en Afrique. Mais les rapports de force ont changé car la France n’est plus la grande puissance qu’elle a été. Dès les premières escarmouches les véritables grandes puissances feront taire les armes, épargnant au Maroc les destructions promises par le scénario français.


Le Maroc en sortira plus aguerri et repartira à la conquête de nouveaux horizons en s’appuyant sur des alliances plus fiables. La grande perdante ne sera autre que la France qui, d’une part se serait trompée d’ennemi, et d’autre part se serait mépris sur ses propres capacités.


La perte d’influence de la France dans le monde est une triste réalité que seule la classe politique française s’obstine à ne pas admettre, aveuglée qu’elle est par la culture dominante dans l’opinion. Une culture imprégnée de racisme qui continue à perpétuer le réflexe colonial ! Une culture qui se nourrit d’une suffisance surannée alimentant une arrogance primaire ! Enfin une culture qui est juste le déni de son propre héritage, celui des Lumières qu’elle n’arrive pas à léguer aux nouvelles générations !


Le Maroc n’est pas un ennemi de la France. Bien au contraire, il est le seul à pouvoir à la secourir, à lui prêter main forte face à l’appétit des autres puissances qui cherchent à l’évincer de l’Afrique. Mais pas en poussant l’Algérie vers l’irréparable !


Abdelahad Idrissi Kaitouni.

1 commentaire


Abderrazak Berrada
Abderrazak Berrada
27 mars 2023

Je partage ton analyse quant bien même le scénario paraît diabolique. Mais la France n’en est pas à sa énième bévue tant elle est aveuglée par son arrogance maladive.

Ce pays dit jadis des Lumières n’est plus que l’ombre pitoyable de lui-même, incapable de gérer son quotidien au nom d’une pseudo-démocratie au rabais où la liberté d’expression, banalisée à outrance et sans retenue, supplante les valeurs et les Institutions.

Les lumières de Versailles se sont éteintes pour longtemps.

Hélas.

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