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Mon blog

Sérénité où es-tu ?

Dernière mise à jour : 19 sept. 2020



Depuis quelques années que je suis en retraite, j’essaie de passer mon temps entre de longs et lointains voyages, et une intense activité intellectuelle. Peut-être est-ce mon antidote contre la mort ?


Pour rester dans l’air du temps, je passe quotidiennement une heure à une heure et demi sur les réseaux sociaux. J’évite autant que possible de poster, sur Facebook, tout ce qui est de nature à polluer le Mur de mes « amis », alors que le mien n’est nullement épargné par ces mêmes « amis ».


Peu importe, j’ai accepté d’en faire parti, donc j’assume ! Mais cela ne m’empêche pas de souligner combien je suis déconcerté par la déliquescence de nos mœurs observée sur Facebook.


1/ Déconcerté d’abord par une tendance pernicieuse de certains à vouloir s’ériger en prédicateurs d’un Islam dévoyé et ce en postant, souvent hors contexte, des Versets de Coran, de faux Hadiths, et autres « pensées » puisées aux meilleures sources du Wahhabisme devenant consciemment ou inconsciemment son prolongement au Maroc.


J’ai juste envie de leur dire que cela fait plus de soixante dix ans que je suis musulman et que le matraquage de mon mur n’y apportera rien. A moins que ces prêcheurs du Web ne considèrent que l’Islam hérités de mes parents et grands parents n’est pas le bon Islam.

« Amis », un peu de sérénité, cessez d’insulter mes aïeux !


2/ Déconcerté aussi par la fébrilité avec laquelle les uns et les autres s’emparent des sujets d’actualité et aboutissent généralement à un lynchage médiatique du « coupable ».


Prenons le cas du film de N. Ayouch. Il a choisit un thème racoleur et a fait un produit médiocre, mais Facebook en a fait un succès inespéré pour le cinéaste. Cela ne méritait pas les débats qu’il y a eu, pour précisément éviter une publicité gratuite. Sérénité, quand tu nous fais défaut !


Autre sujet abordé avec passion, la retraite des ministres et des parlementaires. Oui, il faut revoir la copie, ce qui se fait n’est pas juste. Un débat s’impose, mais de débat je n’en ai pas vu sur Facebook. On ne peut pas passer de tout à rien. Servir la chose publique doit se faire avec sérénité quant à l’avenir. Une juste retraite doit leur être servie ; et pour qu’elle soit juste, il suffit d’un simple calcul d’actuaire liant le prélèvement à la durée de cotisation selon les critères en cours.


J’ai été aussi désemparé par le flot d’insultes dont deux ministres ont été abreuvées. Je conviens que lorsqu’on est à un certain niveau de responsabilité, on se doit de surveiller son langage. Mais méritent-elles, l’une et l’autre ce lynchage médiatique du seul fait qu’elles ont usé maladroitement d’un langage de rue, à la fois imagé et empreint d’exagération ? C’est sur le contenu de son discours qu’il fallait attaquer la ministre de « jouge francs », et non sur cette malheureuse expression, même chose pour l’autre qui a prétendu travailler vingt deux heures par jours.


On s’accroche trop à la forme et on laisse filer le débat. Jusqu’où le manque de sérénité va nous empêcher de dialoguer ?


Plus récemment la répression des manifestations d’Inezgane a été traitée de la manière la plus affligeante par les « Facebookiens ». Je suis pour le droit de manifester, et je suis viscéralement contre la répression, mais je suis au regret de constater que la réaction épidermique des réseaux sociaux a desservi la juste cause des enseignants que le gouvernement fait apparaître comme des fauteurs de troubles.


Personne n’a eu assez de sérénité pour expliquer la justesse de leurs revendications, et les démarches suivies pour les faire aboutir ? C’est à croire que nous avons peur du débat !

Le manque de sérénité sur Facebook devient de plus en plus pervers. On voit de plus en plus fleurir un message vieux de cinq an : “Dégage” ! Et ceci à l’adresse du Premier Ministre. Je n’ai aucune sympathie pour M. Benkirane, et je suis violemment opposé à toute personne qui voudrait faire sortir la religion de la sphère strictement personnelle.


Je suis pour que le PJD s’éloigne du pouvoir, mais pas au prix d’une jacquerie médiatique. Attaquons-le sur son bilan désuet, sur son idéologie rétrograde, sur son programme incohérent… Mais évitons de faire appel à la rue par le biais de Facebook.


L’image piteuse de pays similaires comme la Tunisie ou l’Egypte est là pour nous rappeler à plus de sérénité.


Pour terminer, je voudrai paraphraser Marcel Proust qui disait que : « la bonté est le comble de l’intelligence ». Pour ma part je dirai que c’est plutôt « la sérénité qui est le comble de l’intelligence ».


Alors « Amis » de Facebook, soyez les plus intelligents !


Abdelahad Idrissi Kaitouni.



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