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Qui cherche à fragiliser notre identité ?

Dernière mise à jour : 6 janv.




La fin de l’année 2023 a été marquée sur les réseaux sociaux par d’âpres débats sur deux thématiques d’actualité : la crise de l’École au Maroc, et la tragédie sans nom de ce qui se passe à Gaza.


Pour des raisons personnelles je n’ai pas pu m’investir à fond sur ces deux sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Sporadiquement je lançais des réflexions par-ci et par-là, sans prendre le soin de les étayer. Ceci ne m’empêchais pas de prendre notes de tout ce qui a été posté, avec un intérêt particulier pour les commentaires, ou ce qu’on pourrait faire passer comme tels.


J’en suis gré à mon ami Mustapha Belghiti d’avoir su animer avec tact le débat sur la crise de notre École. Il y a bien des nuances entre ses propres positions et les miennes à ce sujet. Mais je me dois de reconnaître qu’il a intelligemment réussi à donner à tous ceux qui voulaient s’exprimer, l’occasion de le faire en toute conscience. L’éventail des opinions était assez vaste, même si leur pertinence était inégale. Faire une synthèse juste et cohérente à partir de cette vaste palette d’idées, relève de la quadrature du cercle.



J’ai cependant réussi à dégager une opinion malsaine qui semble avoir échappée à la sagacité de la majorité des intervenants, ou qui a été délibérément omise de peur de rajouter à la complexité du débat. Il s’agit ni plus ni moins que de l’affirmation de prétendus intellos qui estiment, d’une manière surprenante, que l’unique problème de l’École c’est l’arabisation.


Je concède que l’arabisation a été très mal conçue dès le départ, et l’opportunité du moment mal choisie. Oui, elle a été lamentablement mal menée, et mal fagotée par la suite. Mais de là à réduire l’effondrement de notre système éducatif à la seule arabisation relève d’une paranoïa inquiétante. 


Inquiétante aussi, cette fixation qui ramène tous la maux dont souffre le pays à ce qui de près ou de loin peut rappeler l’arabisation.


Jusqu’à quand allons-nous continuer ce combat d’arrière-garde, ce combat éculé qui n’intéresse que ceux qui veulent faire douter les Marocains de leur identité ? Quand est-ce on va enfin comprendre, qu’après un formidable melting-pot qui a accouché d’une magnifique race d’individus, il n’existe plus au Maroc que des Marocains ? C’est avec cette identité que le Maroc a perduré fièrement à travers les siècles, et c’est avec cette même identité qu’il réussira à édifier son futur. 


Faire douter de cette réalité, c’est me faire douter à mon tour de la marocanité même de tous ceux qui s’accrochent à cette profession de foi saugrenue !



Par ailleurs, j’ai constaté avec une peine sans égale que la même fibre nourrit ceux qui ne voient dans le Palestinien que l’éternel coupable qui mérite ce qui lui arrive. Refuser de voir dans l’attaque du Hamas du 7 novembre 2023, autre chose qu’un acte de résistance de grande témérité, trahit une haine viscérale de ce que représente le Palestinien : outre le fait de vivre sur le territoire convoité par les sionistes, il y a son arabité et sa religion qui en  font le coupable prédestiné. 


Le violent ressenti que les sionistes manifestent à l’égard des Palestiniens peut s’expliquer par leur volonté de les dépouiller de leur terre. Mais que des Marocains nourrissent la même haine à leur égard, non pour un territoire, mais juste à cause de leur arabité et leur religion, est quelque chose de terrifiant. 


Ceux qui parmi les Marocains s’inscrivent dans cette croisade anti palestinienne sont conscients que c’est quand même une cause juste, mais malheureusement une autre croisade faite d’anti-arabisme et anti-islam explique leur hargne. Ils feignent ignorer que l’écrasante majorité des Marocains soutiennent les Palestiniens non parce qu’ils sont Arabes ou Musulmans, mais juste parce que leur cause est juste !


Dans leur infinie lâcheté, ils n’assument pas ouvertement leur aversion pour les Palestiniens et tous leurs cousins de langue et/ou de culture. Alors, cyniquement ils empruntent les circonvolutions de langage des médias mainstream, pour éviter de clamer tout haut leur haine pour tous ceux qui partagent quelque chose avec ces damnés de la terre. 


Leur indigence intellectuelle les conduit à sortir les mêmes slogans, comme cet individu qui parle à chaque fois de « conflit israélo-palestinien ». Avec son doigté habituel, l’excellent Mustapha Belghiti a tenté de lui faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’un conflit, mais bel et bien d’un ignoble génocide. Mais l’aveuglement était bien là.


J’ai failli entrer dans la danse pour rappeler à cet individu qu’il est en retard d’une guerre, car un de ses directeurs de conscience, Bernard-Henri Lévy invite, pour des raisons qu’on devine aisément, à ne parler que du « conflit Israël-Hamas ». Je m’en étais abstenu pour laisser à Mustapha Belghiti le soin de ramener le gars à la raison. Mais … .



Que ce soit une question maroco-marocaine comme l’inextricable problème de l’Ecole, ou une affaire à l’international comme le génocide à Gaza, on retrouve chez ces individus les mêmes relents de haine qui surgissent chaque fois que l’arabité risque de se nicher quelque part. Cependant pour l’écrasante majorité de nos compatriotes tout ce qui est arabe relève de l’histoire ancienne. Ils se sentent Marocains et uniquement Marocains. Nonobstant la langue, ils n’auraient plus aucun lien avec l’arabité.


Alors à quoi jouent ces apprentis sorciers ? À faire douter de notre identité, car pensent-ils, cette identité serait entachée d’une tare congénitale, celle d’avoir gardé en héritage, depuis Mathusalem il y a quatorze siècles, une religion et son corollaire la langue .


Si cette tare était aussi malsaine, pourquoi nos aïeux et jusqu’à nos parents plus récemment, s’en sont-ils accommodé pendant plus de quarante générations ? C’est vraiment leur faire injure que d’imaginer qu’ils s’étaient résignés pendant tout ce temps à accepter une situation qui ne leur convenait pas, où ils n’y trouvaient pas leur compte !


L’identité marocaine a ceci de fascinant : elle est composite puisqu’elle a assimilé et domestiqué tous les courants qui l’ont traversée. Cette capacité à composer avec tous les intrants culturels, confère aux Marocains une tolérance peu commune. La communauté juive qui était une des importantes au monde jusqu’au milieu des années 1950, en est une preuve marquante.



On avait posé la question à Kateb Yassine, l’écrivain algérien, pour savoir pourquoi il continuait à écrire en français, il a répondu « La langue française est un butin de guerre, pourquoi ne pas se l’approprier et l’utiliser ? ». 


Puisse cette profession de foi de K. Yassine inspirer les détracteurs de l’arabité, et effacer de leur imaginaire cette éphémère et insignifiante domination. Ce serait la meilleure attitude pour eux de contribuer à renforcer la cohésion nationale et partant éviter de fragiliser notre magnifique identité ! 


Abdelahad Idrissi Kaitouni. 

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