top of page
#NDQ.png

Mon blog

Non monsieur Atali, non à un Gouvernement mondial ! (deuxième partie)



Dans la première partie de cet article j’ai passé en revue les motivations apparentes ou inavouées qui poussent Jacques Atali  et consorts à chercher à imposer un Gouvernement mondial. Dans cette deuxième partie, je me propose d’évaluer leurs chances d’aboutir, et à l’opposé, nos chances à nous d’en réchapper.


1/ Quels atouts pour l’avènement d’un Gouvernement mondial ?


Atali et consorts ont beaucoup d’atouts à leur disposition. Grâce à une ingénierie sociale assez élaborée, ils se sont assurés de la tiédeur des réactions hostiles à leur dessein. Et pour cause :


i) l’individualisme exacerbé a complètement désocialisé l’homme. Il rend inopérante toute tentative de se dresser collectivement contre le système, car tout le monde s’inscrit dans la seule logique du moment : sauve-qui-peut. La pandémie actuelle qui assigne à résidence l’ensemble des populations, est l’occasion rêvée pour accentuer l’isolement de chacun, et partant l’individualisme. L’action collective, gage de succès dans les combats face aux puissants, est du coup fortement compromise.


ii) On ne peut rien espérer non plus du côté de la société civile tellement elle a été fragilisée. Elle n’est pas en mesure de repenser le système, de le revisiter avec des idées nouvelles pour proposer une alternative. Et pour cause : les médias à la solde, dans leur rôle de police de la pensée, ont fini par « pacifier » l’espace public au point qu’il est aujourd’hui déserté par toute intelligence. Normal qu’en l’absence d’une intelligentsia, on ne peut espérer avoir une société civile digne de ce nom, car incapable d’être une force de propositions. Tout mouvement opposable au système devient illusoire.


iii) Jusque-là le capitalisme se barricadait derrière la haute finance, les multinationales et les organismes internationaux qui les accompagnent. Maintenant il peut mener en toute tranquillité  ses combats à partir d’une posture gagnante car il a réussi la gageure de privatiser des États. Les principaux États occidentaux ont cessé d’exister car entièrement privatisés ! Un État comme la France, par exemple, n’appartient plus aux Français, mais à une oligarchie politico-économique qui échappe à toute volonté populaire.


Ce système sur lequel on jetait un voile pudique en l’appelant jusque-là nouvel ordre mondial, veut apparaître au grand jour sous l’appellation de Gouvernement mondial.


2/  Quelles entraves à l’avènement d’un Gouvernement mondial ?


Le capitalisme semble devenir fou. Depuis ses débuts, il a été pensé pour faire travailler les gens au moindre coût. Dans sa recherche frénétique du productivisme, il n’hésite pas à violer les  règles sociales, et surtout à malmener les deux éléments fondamentaux de toute production : le travailleur et la planète.


i) Plus personne n’est heureux dans le travail. Les gens ne tiennent qu’à coup de psychotropes et parfois sombrent dans l’alcool. Bonjour les divorces, bonjour les suicides, avec le sinistre cortège des drames humains qui accompagnent ces actes. L’homme est malade,  totalement aliéné par le mode de production qu’impose la logique du marché. Une rupture s’impose, et toutes nouvelles formes d’organisation, pour être viable doit nécessairement s’affranchir du diktat du marché. Ce qui serait trop demandé à Atali et consorts pour qui un Gouvernement mondial doit précisément être au service du marché. Juste une institution du marché !


ii) Quant à la planète, elle subit les assauts répétés du capitalisme qui lui soutire chaque jour davantage de ressources qu’elle ne peut en donner, et ce pour satisfaire sa seule religion : le marché. Oui la Terre est en détresse. Les dérèglements climatiques se manifestent avec la violence et la fréquence des ouragans qui sont autant de signaux SOS qu’elle nous envoie. Le capitalisme n’en a cure, il continue à éroder les sols avec une agriculture inappropriée, à s’acharner sur la forêt, à accentuer le stress hydrique.


Ce n’est pas pour la satisfaction des besoins normaux de l’homme que la Terre est pressée comme un citron. L’acharnement sur notre mère nourricière s’explique par la nécessité pour le marché de satisfaire un consumérisme frénétique. On met en vente de plus en plus de produits futiles, inutiles et parfois toxiques. Le capitalisme a retrouvé une nouvelle jeunesse et beaucoup de vigueur avec la théorie de l’offre. Fini Keynes, fini le temps où la demande était le moteur de l’économie !


Les mutilations infligées à l’homme et à la planète seront-elles suffisantes pour que les populations s’éveillent et prennent leur destin en main ? Rien n’est sûr et le syndrome de Stockholm demeure très vivace, très prégnant sur la majorité des gens. Ce sont ces gens qui feignent de n’y voir qu’une institution supra nationale pour gérer des crises.


Sauf que Atali parle bien d’un gouvernement et qui dit gouvernement dit exercice du pouvoir. Il faut être bien naïf de croire que l’oligarchie qui l’exerce sur le monde aujourd’hui serait prête à le partager. Regardez ce qui se passe dans tous pays, même ceux qui sont étiquetés démocratiques, le pouvoir finit par être confisqué par une élite qui l’exerce sans partage et à son seul avantage. Le partage du pouvoir est difficile dans un pays, il devient illusoire, impensable à l’échelle de la planète. La confiscation du pouvoir conduit à des inégalités flagrantes au plan national, on imagine l’effroi des inégalités abyssale au plan mondial !


Certains esprits chagrins disent que les hommes, par essence, ne sont pas égaux et qu’ils finissent par s’accommoder des inégalités, aussi flagrantes soient-elles. Alors imaginez, un instant que le gâteau, pour une raison ou une autre venait à se rétrécir, les dominants n’accepteront jamais de rogner sur leur part. L’alternative, ce serait de mettre en œuvre un malthusianisme des plus rigoureux.


On sait à l’avance qui sera sacrifié !


Il n’y a aucune exagération dans ces propos. On a eu les prémisses de cette sinistre politique lors de l’actuelle pandémie. En Italie, en Espagne comme en France, le personnel soignant était effaré à l’idée d’avoir à choisir entre leurs patients. À un vieux qui de surcroît est malade, on va lui préférer un plus jeune sans trop de pathologies. Mais demain, il n’y aura pas que le critère de l’âge qui va jouer !


Monsieur Atali, cela fait des lustres que vous gouvernez le monde. (Quand je dis vous, je veux parler de l’élite occidentale dont vous êtes un des théoriciens et la figure de proue). Au lendemain de la deuxième guerre mondiale des instances internationales ont vu le jour sous la férule de l’Occident. La dose de multilatéralisme dans ces instances paraissait suffisante aux yeux de tous pour entraîner l’adhésion massive des nations. Mais progressivement l’Occident a mis main basse sur les rouages de ces instances pour servir ses intérêts. Avec la chute du mur de Berlin, le multilatéralisme a été enterré et depuis, vous êtes seuls maîtres à bord. Et on nous a même annoncé la fin de l’Histoire !


La gouvernance du monde par l’Occident a conduit à des bains de sang et des destructions un peu partout. Des pays entiers ont été ravagés et leurs populations plongées dans des détresses innommables.


Tout cela trahit la faillite morale de l’Occident. Il est disqualifié, et ne peut continuer à tenir les rênes de la gouvernance du monde de demain. Oui, Monsieur Atali, vous êtes disqualifiés et particulièrement les États Unis. Ces derniers doivent en partie leur opulence grâce au hold-up permanent du Dollar sur les économies mondiales. Et que dire de l’autre hold-up, celui de Google qui contrôle la circulation de l’information au point de s’immiscer dans l’intimité de chaque Terrien ?


Comment pensez-vous pouvoir régenter le monde sans renoncer à l’état de guerres que les USA mènent sans discontinuer depuis plus d’un siècle, sans renoncer à la prééminence du dieu Dollar, bref, sans renoncer à l’esprit hégémonique de l’Occident  ?


Instituer un Gouvernement mondial suppose l’existence d’un leadership, d’une locomotive pour le tracter. Nombreux sont ceux qui lorgnent du côté de la Chine depuis que l’Occident s’est disqualifié. L’Empire du Milieu rassure puisqu’on ne lui connaît pas de velléités hégémoniques. La politique des nouvelles routes de la soie (R & B I) séduit de plus en plus par le climat apaisé qui en résulterait.


L’idée n’est pas tant de remplacer les États Unis par la Chine, mais de replacer l’Homme au centre de tout, qu’il devienne la finalité de toutes politiques.


Voyez-vous M. Atali, il est urgent d’attendre l’avènement d’un Gouvernement mondial, jusqu’à ce qu’intervienne une recomposition du paysage mondial !


Abdelahad Idrissi Kaitouni

Comments


bottom of page