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Macron : Le tragi-comique d'un activisme suranné.




En date du 18 Juin 2019 j’ai publié un long article intitulé «L’inénarrable M.Macron» (que vous pouvez lire en cliquant sur le lien : https://bit.ly/31t3SPQ). Je dénonçais les errements de ce personnage fabriqué de toutes pièces dans les sombres alcôves de Bilderberg pour démolir ce qui reste encore debout de cette France que nous aimons tant. A vouloir satisfaire rapidement les directives de ses commanditaires, il a fini par provoquer la lame de fond des Gilets Jaunes. La catastrophe a toutefois été évitée de justesse. Faut-il y voir la sagesse du peuple français, ou remercier le coronavirus qui a déplacé les centres d’intérêt du moment ?


M. Macron pense que sa bonne étoile lui a épargné les tourments des Gilets Jaunes et les affres de la pandémie. Alors il reprend de plus bel son activisme, imitant en cela l’autre illustre élu de Bilderberg, Nicolas Sarkozy. Reproduire la politique de ce dernier, y compris dans le style, signifie qu’il y a une véritable continuité qu’assure ces fondés de pouvoir pour servir des desseins étrangers aux intérêts de la France, mais en parfaite conformité avec les intérêts d’une certaine oligarchie.


Le cher Macron récidive, mais cette fois-ci à l’international, comme naguère son prédécesseur l’a fait en Libye. Dès que le drame de Beyrouth a été connu il s’y est rendu moins de 48 heures après. Pourquoi tant de précipitation ? Quel but ? Apparemment aucune préparation, sauf probablement sur le plan sécuritaire ! Rien dans le ton et encore moins dans les paroles ne rappelle qu’il y avait de la compassion pour un pays durement meurtri.


On voyait qu’il était là pour faire du buzz, comme son mentor BHL sur la place Maïdan qui haranguait les foules ukrainiennes pour les encourager à s’engager dans la guerre civile . Il semble vouloir en découdre avec les forces libanaises qui refusent la capitulation et toutes celles qui incarnent une certaine résistance.


Son désir de «défendre » le Liban rappelle par ses accents ceux invoqués par les médias occidentaux invitant à l’assassinat de Kadhafi sous le fallacieux prétexte qu’il massacrait son peuple. Sauf que pour la Libye Sarkozy avançait un prétexte moral, et dans le cas du Liban Macron avance les liens particuliers que ce pays entretient avec la France.


Certes les deux pays ont été très proches par le passé, mais avec le temps cette proximité s’est quelque peu distendue. Car le «Liban français », comme certains médias gaulois se risquent à le qualifier, ce Liban a complètement changé et entièrement métamorphosé. Sur le plan démographique d’abord, ceux qui, pour diverses raisons se sentaient proches de la France sont maintenant minoritaires, et leur nombre rétréci comme peau de chagrin. Sur le plan linguistique, le Français a toujours cours dans le pays du Cèdre, mais il est de moins en moins usitée avec le vieillissement des populations francophones, et le départ massif d’un grand nombre d’entre eux pendant la guerre civile (1975-90).


Alors que les changements démographiques expliquent en partie le relâchement des liens avec la France, la distanciation que les Libanais mettent avec l’ancien occupant, est la conséquence du soutien systématique des Présidents français à la politique de la droite et l’extrême-droite israélienne. Cet alignement aveugle heurte la sensibilité des Libanais y compris les plus francophiles d’entre eux.


De plus faut-il rappeler que la France n’est plus une grande puissance capable d’influer sur les événements au Moyen Orient. Son influence a régressé au point qu’elle s’est mise à la remorque des États Unis et d’Israël. Tant qu’à faire les Libanais préfèrent s’adresser au Bon Dieu qu’à ses ouaille !


On voit bien que cette proximité avec le Liban dont se réclame Macron est une proximité factice, un mauvais alibi pour justifier son interventionnisme intempestif à Beyrouth. S’agit-il d’une tentative désespérée pour enrayer la perte d’influence de la France dans cette partie du monde ? Si c’est le cas, il ne pouvait pas s’y prendre plus maladroitement !


Il y a tout lieu de craindre que les desseins sont plus sournois et la méthode diabolique. Venir dans un pays soit-disant ami, ravagé par de très graves dissensions internes, durement éprouvé par un désastre économique inégalé même pendant la guerre civile, pour jeter à la face des Libanais de lourdes invectives sur leurs dirigeants relève d’une arrogance unique dans les annales diplomatiques.


Que les Libanais lancent ce genre d’invectives et déclarent leurs dirigeants indignes du pays, est parfaitement compréhensible et à la limite salutaire, mais qu’un étranger, de surcroît Président d’un pays prétendu ami, va dans la rue pour crier son «indignation » est une pure provocation et pourquoi pas une incitation à l’émeute.


Le Liban est malade, abîmé, fragilisé, exsangue et le Libanais vulnérable car profondément meurtri, désemparé, désespéré même ! Le désespoir a amené des milliers des Libanais à signer des pétitions demandant la re colonisation de leur pays par la France. Le tragique est dans une course poursuite avec le pathétique !


Les propos de Macron ont assez de toxicité pour exacerber les lourds antagonismes qui minent ce qui subsiste encore de l’unité du pays du Cèdre. Il ne pouvait pas mieux s’y prendre pour réenclencher la guerre civile avec ses insoutenables lots de morts et de destructions. La dévastation est au rendez-vous.


Le Liban va ainsi rejoindre l’Irak, la Syrie et les autres du Moyen Orient dans le chaos qui semble être la seule destinée réservée par l’Occident à cette région. Faut-il qu’on vous dise d’avance, merci Monsieur Macron !


Abdelahad Idrissi Kaitouni

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