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Les enjeux inavouables de la généalogie. Partie 2 : Quand les gènes gênent !

Dernière mise à jour : 12 sept. 2020



Depuis une vingtaine d’années, la généalogie est en passe de devenir une science exacte grâce à la génétique. Le décryptage du génome humain a permis de montrer que l’ADN permet une identification quasi absolue d’un individu. Par ailleurs, grâce à l’ADN où le chromosome Y est stable sur plusieurs générations, on peut confirmer ou infirmer avec une grande certitude les liens de filiation entre deux individus.


Il va de soi que l’implacable rigueur de l’ADN peut rendre d’immenses services à tous ceux qui sont dans une démarche honnête de recherche de leur origine. Il est non moins vrai que l’ADN est le plus sûr moyen de confondre ceux qui cherchent à usurper des racines qui ne sont pas les leurs.


Souvent l’intrusion dans une lignée généalogique donnée est mû par des considérations d’ordre politique. Ainsi des personnages à qui la vie a tout donné estiment qu’ils ont le pouvoir et les moyens pour forcer leur image et la rendre encore plus attrayante en s’inventant une origine « noble ». C’est le cas de dictateurs arabes, comme Saddam ou Kadhafi, qui avaient tout atteint, mais à qui manquait la référence à une origine prestigieuse. Ils ont tout fait pour se trouver une parenté éloignée avec le Prophète, et avoir ainsi la légitimité de la naissance.


Dans un registre similaire, le sionisme a créé une situation qui relève de la plus grande supercherie de tous les temps. Supercherie d’autant plus insoutenable qu’elle est conçue et pilotée par le pouvoir israélien. La publication du livre «Comment le peuple juif fût inventé » de l’excellent Shlomo Sand, professeur d’histoire à l’Université hébraïque de Tel Aviv, où il jette le doute sur l’origine ethnique d’une partie des Juifs qui ont émigré en Israël, a déstabilisé passablement la propagande sioniste. Le livre, bien documenté, soutient que de nombreux Juifs qui sont revenus en terre sainte n’ont rien à voir avec les descendants des tribus juives qui peuplaient la Terre Sainte avant qu’ils ne se soient dispersés à la suite de la destruction du Temple en l’an 70 de l’ère chrétienne.


Le livre est une remise en cause du principe fondateur de l’état d’Israël construit autour de l’idée qui consiste à dire que les Juifs sont venus reprendre une terre qui leur a appartenue deux milles ans auparavant. Sauf que S. Sand a montré que de tous les arrivants en Israël, seule une minorité peut prétendre avoir des liens historiques avec cette terre.


Immédiatement les milieux sionistes ont mobilisé tout ce qu’ils comptent comme généticiens dans leurs rangs. En un rien de temps on a assisté à un foisonnement incroyable de publications qui cherchaient toutes à accréditer l’idée d’une parenté génétique entre tous les Juifs revenus en Palestine. Mais la Science est têtue et malgré tous les subterfuges choisis pour fausser les résultats, aucune étude sérieuse n’a réussi à établir formellement l’existence d’un peuple juif. Un mythe ! Une notion inventée comme le suggère Sand*, et dont le but inavoué est un projet politique, une occupation indue d’un territoire, une colonisation.


Il n’y aura jamais assez de place dans un article pour citer les centaines, voire les milliers de publications sur le sujet. Pour la commodité on ne retiendra que les plus pertinentes, émanant souvent des généticiens les plus connus. Théoriquement la recherche du seul chromosome Y est suffisante pour retracer la filiation d’un individu. Robert Pollack, biologiste juif américain de l’université Columbia a clairement réfuté le fait que l’on puisse déterminer biologiquement la « judéité » d’un individu, car il aurait fallu, comme l’a suggéré un autre biologiste Alain F. Corcos**, extraire l’ADN d’anciens squelettes pour comparaison et établir la génétique des populations.


Selon A. Nebel 70% des hommes Juifs et 50% des hommes arabes vivant en Israël et territoires palestiniens, dont l’ADN a été étudié, ont hérité leurs chromosomes Y des ancêtres paternels communs. Comme quoi tous les Hébreux ne sont pas Juifs !


Par ailleurs David B. Goldstein***, professeur de génétique à l’université Dakota du sud, soutient qu’un pourcentage non négligeable du patrimoine génétique des Ashkénazes provient des Khazars. Là aussi on conclut inversement que tous les Juifs ne sont pas forcément des Hébreux !


Il est impossible de pouvoir compiler ne serait-ce que 1% des centaines de publications sur le sujet. Combien même je l’aurais voulu, je n’aurais eu ni le temps, ni surtout la compétence pour comprendre la subtilité et le jargon ésotérique propre aux généticiens.


Cependant, le profane que je suis a été saisi de stupeur devant cet acharnement à vouloir trouver une origine génétique commune à l’ensemble des communautés juives. A défaut de trouver le gène miracle, on présente des études réalisées sur les gènes des « chromosomes homologues » dits autosomes (excluant les chromosomes X et Y). Il va de soi qu’en élargissant le spectre des chromosomes on finit par trouver des parentés entre diverses communautés. Pour ce faire on a introduit la notion de « halogroupes » qui donne le pourcentage de catégories de gènes communs à deux populations.


Les halogroupes sont à la base de la génétique des populations. La parenté peut s’esquisser à partir de la fréquence de halogroupes donnés dans des communautés données. La recherche de halogroupes dans les communautés juives, nous ramène aux conclusions antérieures : tous les Hébreux ne sont pas Juifs et tous les Juifs ne sont pas des Hébreux !


Le corollaire de ces conclusions c’est que beaucoup de Juifs qui vivent actuellement en Israël n’ont rien à voir avec cette terre qu’ils disent être celle de leurs ancêtres ! On est tenté de dire « tout ça pour ça », toute cette débauche de travaux de recherche pour rien prouver, si ce n’est pour installer confortablement l’imposture. En somme le recours aux gènes, gêne durablement les prétentions du sionisme. S. Sand écrit à ce propos que : «l’information sur le mode de sélection des éléments observés est ténue et de nature à éveiller des doutes importants. Ce, d’autant plus que les conclusions précipitées sont toujours construites et renforcées au moyen d’une rhétorique dénuée de lien avec le labo scientifique. »


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* Sur les manipulations de la génétique Shlomo Sand écrit : «une science biaisée entièrement dépendante d’une conception historique nationale qui s’efforçait de trouver une homogénéité historique nationale au sein des Juifs dans le monde. ».

** Voir son livre : «The Myth of the Jewish Race : A Biologist’s Point of View. »

*** David B. Goldstein. Voir son livre à grand retentissement, intitulé : « l’Héritage de Jacob. L’Histoire des Juifs à travers la génétique. »


Abdelahad Idrissi Kaitouni

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