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Les « Droits de l’Homme », ou la belle imposture !




La notion des « Droits de l’Homme » porte en elle-même une charge morale immense. La défense de ce principe, quand elle est sincère, comporte à son tour une charge émotionnelle considérable. Et là où il y a émotion, toutes les impostures deviennent possibles. En d’autres termes, si cette notion se pare de valeurs morales à caractère universel, sa mise en œuvre pratique obéit souvent aux instincts les plus perfides chez les gouvernants, pour ne pas dire les dominants !


Sans remonter jusqu’à la Déclaration originelle des « Droits de l’Homme » qui a étincelé lors de la Révolution Française, on se réfèrera à celle qui a été retenue en 1945 par l’Assemblée générale des Nations Unis, qui a sérié tous les Droits, sans préciser de quel Homme il s’agit.


Apparemment ceux qui édictent ces Droits et qui sont sensés veiller sur leur respect, oublient qu’ils sont les héritiers des Hommes qui ont dépouillé d’autres Hommes de leur humanité en les réduisant à l’esclavage, en les persécutant quand ils ne les massacraient pas, en les spoliant de leurs richesses et parfois de leur identité même. Lequel de ces types d’Homme serait éligible de ces Droits ?


Répondre les deux serait une deuxième imposture, car les « bons samaritains » d’aujourd’hui ne s’accrochent à la notion de « Droits de l’Homme » que pour perpétuer leur domination en se cachant derrière le voile pudique d’une morale désuète et surannée.


Ils dégainent opportunément ce principes pour punir un pays donné pour toute autre raison que la violation des « Droits de l’Homme », et surtout pour lui rappeler que son indépendance est factice, et que les populations ne peuvent jouir que des libertés que eux, et eux seuls, en tant que tuteurs auto-proclamés voudraient bien leur conférer. Pour rendre dissuasive l’arme des « Droits de l’Homme » et la rendre capable de redresser les supposés dérives des petits pays récalcitrants, les Gardiens du Temple se mettent en meute pour crier au scandale sur ce qui ne sont souvent que des crises internes à ces pays.


En effet les pays européens, en mal d’autorité et à l’avenir incertain malgré leur opulence actuelle, se mettent à plusieurs, parfois tous pour fustiger tout pays qui violerait des Droits qu’ils se sont indûment appropriés. À ce tintamarre européen se rajoute fréquemment le reste de l’Occident, États Unis en tête, pour hurler avec les loups.

L’Occident veut apparaître comme le dépositaire exclusif des « Droits de l’Homme ». À ce titre, il s’arroge le pouvoir de sanctionner l’Autre, comme il veut, quand il veut, souvent pour des raisons sans rapport avec lesdits Droits. Alors il use et abuse de cette arme. Et pour mieux faire passer la pilule, il a été jusqu’à inventer des contre-droits comme le « Droit d’ingérence ». Pire, pour marquer l’usage agressif conféré à ce principe, le « Droit d’ingérence » a rapidement été remplacé par « Devoir d’ingérence ».


Le changement du mot Droit en Devoir, n’est pas si anodin, il trahit la survivance de l’esprit colonial du monde occidental avec évidemment sa nature profondément agressive, violente et brutale. Une nature qui s’était tristement exprimée à la fois dans la sauvagerie des conflits qui ont opposé les occidentaux entre-eux, mais aussi dans les guerres impitoyables livrées contre le reste de la planète. Il montre aussi que volonté de domination de l’Occident est intacte, seule la nature des armes change.


À moins que la violation des « Droits de l’Homme » ne soit que le prétexte pour renouer avec la guerre classique ! Faut-il pour préserver la paix, s’acheminer vers l’interdiction de faire référence aux atteintes à ces Droits dont seraient coupables des pays tiers ? Au vu de l’instrumentalisation qui en faite, on est tenté de répondre par l’affirmative.

La notion des « Droits de l’Homme » est entourée d’une respectabilité telle qu’elle en devient un tabou. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour faire tomber ce tabou pour qu’il ne soit plus utilisé pour régler leurs comptes aux petits pays. Qu’on se méprenne pas sur mes propos, ce ne sont pas les « Droits de l’Homme », en tant que tels qui sont en cause, mais de l’usage abusif qui en est fait par certaines puissances !


Oui, il est temps de libérer notre parole sur le sujet, comme par exemple récuser l’universalité du principe pour éviter que l’Occident ne nous fige dans un moule incompatible avec notre culture. Les attentes en termes de Droits d’un Marocain, d’un Camerounais ou d’un Pakistanais n’ont rien à voir avec celles d’un Français, d’un Irlandais ou d’un Polonais.


Les « Droits de l’Homme » ne se décrètent pas d’en-haut, ils se constatent dans le quotidien d’une société car c’est le résultat d’une éducation qui codifie les relations entre ses composantes, d’une histoire qui parfois finit par fossiliser les rapports à l’intérieur de cette société, et que seules des forces endogènes arrivent à infléchir. Les forces exogènes n’ont aucune chance d’imposer des changements, mais auraient plutôt tendance à braquer les mis en cause.


On l’a vu au Qatar où, profitant de l’immense retentissement médiatique de la Coupe du Monde, les occidentaux ont tenté de promouvoir la théorie du Genre sous prétexte que cela relève des « Droits de l’Homme ». Une démarche totalement grotesque et insensée qui a provoqué un rejet quasi unanime, même parmi ceux qui sont tolérants et qui acceptent les LGBT. Faut-il imposer à 95% de la population mondiale, qui ne se retrouvent pas dans ces valeurs, toutes les scories des problèmes psychologiques et sociétaux de l’Occident, érigés en Droits imprescriptibles ?

Soyons décomplexés et disons clairement aux occidentaux que les Droits que vous revendiquez ne nous concernent pas, car nos soucis et nos préoccupations sont ailleurs. Disons-leur aussi que s’ils sont sincères dans leurs préconisations, qu’ils commencent par traduire devant les tribunaux tous ceux qui se sont fait les chantres et les exécuteurs du « Devoir d’ingérence » qui a fait les centaines de milliers de victimes parmi les populations qui ont refusé de se plier aux désidératas de l’Occident .


Qu’ils s’engagent aussi à indemniser ceux qui, sous le joug occidental, ont vécu les pires exactions. Ce serait la meilleure reconnaissance des préjudices qu’ils leur ont fait subir. Mais surtout pas besoin de repentance, elle n’est bonne que pour ceux qui vivent la nostalgie d’une domination, l’envie de rester dans la soumission !


En attendant l’unique manière de retrouver la confiance dans l’Occident est qu’il déclare solennellement renoncer une fois pour toutes, à instrumentaliser les « Droits de l’Homme » dans les règlements de ses différents avec les pays tiers.

A titre d’illustration de ce qui précède, on se doit de rappeler la pénible situation que le Maroc vient de vivre avec l’Union Européenne. Certes, notre pays n’est pas un modèle du respect de la liberté d’expression du fait de l’incarcération de quelques journalistes. Mais était-ce suffisant pour le mettre au piloris, alors qu’il reste un pays relativement plus respectueux des « Droits de l’Homme » en comparaison avec de très nombreux pays ?


Alors pourquoi avoir choisi le Maroc parmi tant de « coupables » pour monter toute cette cabale ? À l’évidence on cherche à le punir pour tout à fait autre chose ? Quels reproches l’UE cherche-t-elle à camoufler sous le fallacieux prétexte d’atteinte à la liberté d’expression ?


On peut penser que l’UE accepte mal que le Maroc s’engage dans des alliances qui pourraient à terme gêner la prééminence des Européens. On peut aussi imaginer que l’Europe s’accommoderait mal d’une deuxième Turquie sur son flan Ouest.


Mais la majorité des observateurs s’accordent à dire que ce sont les progrès du Maroc accomplis ces dernières années, et qui le font apparaître comme une puissance régionale incontournable, qui incommodent considérablement l’Europe en général et la France en particulier.


Tout sera mis en œuvre pour gêner sa progression et l’empêcher de devenir le dragon de l’Afrique, car les Européens ont gardé un mauvais souvenir de l’émergence rapide des dragons asiatiques comme la Corée, qui leur font une sérieuse concurrence sur les principaux marchés mondiaux.


Pour punir le Maroc d’avoir été un bon élève, on va lui chercher les poux dans la tête en l’accusant d’entrave à la liberté d’expression. Sans minimiser l’impact de l’hostilité forcenée, de la France en particulier, faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et disons-nous que le vote du Parlement européen témoigne d’un fait capital : le Maroc est sur la bonne voie !


Abdelahad Idrissi Kaitouni.

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