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La guerre totale, ou presque !




Quand on a entendu les vociférations de la foule algérienne sur les gradins du stade Mandela, lors de l’ouverture de la 7ème édition du CHAN, traitant les Marocains d’animaux, on est en droit de se demander si la préparation du peuple algérien à une guerre totale n’a pas déjà atteint un stade très avancé. Crier des slogans d’une rare violence, chanter la haine avec joie et allégresse, témoigne d’un conditionnement psychologique des foules sans nul autre pareil. Assez pour les rendre aptes à tous les fâcheux extrêmes !


Chauffée à blanc, le public a continué tout au long du match d’ouverture à proférer des slogans anti-marocains, oubliant que c’est la Libye qui jouait contre l’équipe algérienne. Sans surprise, en fin de match les joueurs libyens ont été tabassés par le public et de la police algérienne, comme s’il s’agissait de Marocains.


Le plus cocasse c’est que la vague de haine qui submerge le cœur du public algérien l’a porté jusqu’à siffler l’hymne camerounais et à vitupérer les joueurs camerounais, alors que le sinistre Samuel Eto, sans fierté ni dignité, venait de se déjuger et de renier ses précédents discours en faisant allégeance à l’Algérie. En fait ni la Libye, ni le Cameroun ne sont les véritables destinataires de ces vindictes.


Mais quand la haine est le seul ressort de la foule, elle ne distingue plus l’ami de l’ennemi. Un pernicieux et dangereux état d’esprit qui donne les coudées franches aux militaires pour se livrer à toutes les aventures possibles. D’où ce constat alarmant : la population algérienne est ainsi fin prête pour la guerre ! Sinon, pourquoi la junte éprouve-t-elle un besoin impérieux de chauffer à blanc son opinion ? Est-ce pour mieux masquer son impréparation à la guerre totale qu’elle rêve de livrer au Maroc ?


Apparemment c’est le cas ! Puisque maintenant la population est bien mobilisée il ne manque à la guerre, pour devenir totale, que le déploiement des chars, des avions et le reste de l’arsenal militaire. On y serait déjà si la guerre en Ukraine n’était venue rappeler à la junte que l’impressionnant arsenal cumulé depuis 60 ans est complètement désuet et obsolète et qu’il ne tiendra pas face aux équipements de l’armée marocaine, certes moins important en volume, mais plus modernes, plus sophistiqués, et incomparablement plus efficaces.


C’est cette incertitude sur l’issue d’une guerre classique - armée contre armée - qui explique cette diabolique mise en condition de l’opinion algérienne. Comme si la guerre devait se poursuivre au corps-à-corps après les escarmouches militaires … .


L’ensemble des observateurs, et à leur tête l’ex-Ambassadeur X. Driencourt, un des meilleurs connaisseurs de la région, s’accordent à dire que l’effondrement de l’Algérie est imminent. La junte militaire le sait aussi. A défaut de moderniser son armement avant l’échéance fatidique de l’effondrement, elle joue son va-tout en dressant la populace pour en découdre avec son voisin. Elle cherche à rendre inéluctable le scénario catastrophe d’une guerre totale même si l’issue finale devrait être sa propre défaite. La population aura cependant fait cause commune avec les militaires jusqu’au bout.


L’option suicidaire de la junte militaire aura été malheureusement encouragée par le mutisme généralisé des leaders d’opinion, des médias et des réseaux sociaux, après les pitoyables manifestations du public algérien. Dans une remarquable chronique datée du 14 janvier 2023 l’excellent Aziz Boucetta a montré comment, à chaque étape, le mutisme de tous les potentiels intervenants contribuait en fait à rendre inaudible les assourdissants débordements algériens.


Jusqu’à nos propres soutiens traditionnels qui sont restés avares de toutes réprobations ! Leur silence est plus dérangeant pour le Maroc dans la mesure où l’Algérie y verrait un encouragement à son bellicisme. Mais le plus inquiétant, c’est que la FIFA et la CAF pourraient interpréter le silence de nos alliés comme un manque de soutien manifeste au pays, ce qui risquerait de les conduire à prendre des décisions désobligeantes.


L’épopée du Qatar ne nous a pas valu que des amis. Même parmi ceux qui avaient saluer notre performance, il y en avait qui ont tout juste jeté un voile pudique sur leur hostilité. Dès que nous descendrons de notre petit nuage, nous mesurerons la fragilité de notre position.


Armés de la justesse de notre cause et de notre volonté de la défendre, assumons la splendeur de notre isolement, et trouvons en nous les ressources suffisantes pour nous passer de faux-frères, de faux-amis, ou de fallacieuses alliances.


Abdelahad Idrissi Kaitouni.

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