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L’immigration « choisie », un hold-up qui ne dit pas son nom !




On pensait que tout a été dit sur l’immigration. Loin s’en faut, il reste tant à dire puisque chaque jour nous apporte un lot ininterrompu de thématiques nouvelles, parfois fort surprenantes. Comment n’en serait-il pas ainsi, alors que les problèmes migratoires vont rythmer la vie quotidienne aussi bien des pays émetteurs que des des pays d’accueil, et ce pour des décennies encore ?


Dans de précédents écrits j’ai expliqué l’intérêt évident pour certains pays de recourir à l’immigration dans le but, entre autres, de réguler le marché du travail que la démographie et les nouveaux métiers exposent à de fortes tensions, ou encore pour rétablir l’équilibre des caisses de retraite etc … . Mais j’ai aussi tenté de comprendre le climat de peur de certaines sociétés face une immigration devenue trop voyante à la fois par le nombre et par les particularismes.


S’agissant de l’utilité de l’immigration pour les sociétés d’accueil, l’approche relève en général de règles bien établies sur les plans économique et social. Mais s’agissant de cette peur qui envahit ces mêmes sociétés, il convient de dire qu’elle est compréhensible à bien des égards, mais qu’elle est irrationnelle dans ses manifestations publiques.


Oui, irrationnel comme l’est le racisme qui malheureusement nourrit souvent cette peur. Toutefois, face à cette irrationalité d’une peur résultant du seul racisme, il ne faut pas tomber dans une irrationalité inverse qui nie les causes profondes de cette peur. Elle est réelle, naturelle et à la limite normale. L’avocat obsessionnel du fait migratoire doit comprendre que l’irruption d’étrangers dans une société donnée, et ce pour quelques raisons que ce soit, pourrait à terme altérer la cohésion de cette société.


Posé ainsi, la solution devient de moins en moins évidente, car on retombe dans le sempiternel piège de la victime et du bourreau. En effet, le migrant s’estime victime. De qui, de quoi ? Souvent il lui est difficile d’identifier son bourreau. Est-ce les gouvernants de son pays d’origine qui n’ont pas su lui assurer une vie correcte qui lui aurait évité l’exil ? Est-ce les gens du pays d’accueil qui ne lui ont pas assuré les conditions d’une vie un peu plus digne ? En fait chacun identifiera le bourreau en fonction de ses propres préjugés, de ses opinions politiques, bref d’une foultitude de raisons.


Même attitude dans les pays d’accueil qui s’estiment à leur tour être des victimes. De qui, de quoi ? Là encore impossible de mettre un nom sur le bourreau ! Est-ce le migrant qui dérange son confort et son quotidien, oubliant la contribution du migrant dans ce confort de ce quotidien ? Est-ce la responsabilité des politiques qui n’ont pas su contenir le migrant dans le rôle d’un simple auxiliaire ? Même là où on croit avoir croisé le bourreau, on se rend compte qu’il y en plein d’autres à côté.


La question migratoire est bien trop complexe pour n’en parler qu’en termes de victimes et de bourreaux. Pas plus qu’on ne peut concevoir une solution globale capable de répondre à l’ensemble de la question ! Une telle complexité ne peut se résorber que par une méthodologie d’approche qui ne recherche pas forcément qui a fauté dans le passé, mais quelles règles éthiques doivent régir les rapports ultérieurs.


Partant du constat que la migration est un besoin irrépressible de l’homme à travers le temps, il n’y a rien de plus naturel que tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui que l’immigration zéro ne peut pas exister. Non seulement cette porosité est impossible à contenir, mais elle est salutaire, et souvent souhaitée et souhaitable. Il suffit pour la mener à bonne fin d’y mettre une sacrée dose d’éthique.


Aucun pays, aussi riche soit-il, n’est en mesure d’accueillir toute la misère du monde, comme le soutenait jadis Michel Rocard. Mais tout pays qui accepte d’entrouvrir ses frontières se doit de le faire avec le respect d’un minimum d’éthique. C’est rarement le cas, même quand il s’agit de l’immigration dite « choisie ». N’a-t-on pas entendu des Chefs d’États déclarer urbi et orbi qu’ils n’étaient pas contre l’immigration, quand il s’agit d’une immigration choisie.


Cette profession de foi est clamée sans honte, souvent de bonne foi alors qu’il s’agit de la plus pernicieuse, que dis-je, la plus immorale des formes d’immigration. Qu’un pays ne veuille accueillir que des personnes de son choix est à priori logique. Mais qu’il ne prenne que ce que les pays les moins nantis ont de plus précieux, sans contrepartie, s’apparente à un hold-up. Sucer la sève de ces pays pour son propre confort au mépris de tous les sacrifices consentis par ces pays pour soulager leur misère, relève d’un crime qui n’est pas toujours codifié dans les différentes législations.


Il est évident qu’on ne peut empêcher un médecin ou un ingénieur marocain de travailler dans un autre pays, mais il est du devoir du pays d’accueil de payer le juste prix de ce que ce « produit fini » a coûté au Maroc. Si, souvent à leur corps défendant, ces cadres ont volé leur pays en refusant de le servir après leurs études, on ne peut absoudre la responsabilité du pays d’accueil qui couvre ce vole. C’est du recel qui ne dit pas son nom. On sait que toutes les législations au monde sévissent contre le recéleur, parfois même plus sévèrement que contre le voleur.


On s’accorde à estimer qu’une année d’enseignement au supérieur revient entre 8 000 et 10 000 $ par an et par étudiant. La durée pour décrocher un diplôme universitaire va de 4 à 10 ans, parfois plus. Accordons-nous sur une moyenne de 6 ans, cela ramène le coût de formation d’un cadre supérieur à 120 000 $. À cela il va falloir ajouter - à la louche - un bon 60 000 $ pour couvrir tous les coûts des services publics consentis par le Maroc pendant plus d’un quart de siècle (de la naissance jusqu’à l’obtention du diplôme final).


Sans prendre en compte les frais engagés par les familles, les seules pertes de l’État marocain s’élèvent à 180 000 $ pour chaque cadre supérieur qui immigre.


Par ailleurs, la diaspora marocaine est estimée à 4,5 millions d’individus, sur lesquels un bon demi-million est issu de l’enseignement supérieur marocain ( à ne pas confondre avec un autre demi-million de diplômés du supérieur, mais celui-là, issu de la 2ème et 3ème génération).


Sur une génération les pertes cumulées s’élèvent à 90 milliards de Dollars, soit 2,5 à 3 points du PIB chaque année. Ce sont là les pertes quantifiables, mais quid de celles qui ne le sont pas, comme l’entrave au développement du fait la fuite des cerveaux, comme l’indigence de nos hôpitaux du fait du départ massif des médecins, comme, comme … .


L’Occident a construit son opulence sur le pillage systématique des ressources des plus pauvres. Il apparaît clair que le pillage des ressources humaines est de loin le plus préjudiciable, car non seulement il ne s’accompagne d’aucune contrepartie financière, mais le pire c’est qu’il maintient dans la misère des populations qu’il a privé des cadres qui les auraient aidées à surmonter cette misère.


Quand des responsables occidentaux se font les chantres de l’immigration choisie, on se demande si la griserie du pouvoir ne les frappe de cécité qui les empêche de voir tout le mal infligé aux déshérités.


Où est l’éthique ? Ils n’y pensent même pas ! Alors dites à ces criminels patentés, que la puissance de leur pays soustrait malheureusement à toute justice, prenez autant de cerveaux que vous voulez, mais essayez au moins de vous racheter un minimum de conscience, accrochez-vous à un minimum de morale en acceptant de payer le juste prix aux pays émetteurs.


Abdelahad Idrissi Kaitouni.




















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