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Mon blog

L’hostilité française ne date pas d’aujourd’hui !




Depuis 1961, je lis avec beaucoup d’assiduité le journal « Le Monde ». La vérité est, qu’à un moment donné, j’étais devenu addictif à cette publication. Je dévorais le journal de bout en bout, jusqu’à m’attarder parfois sur la rubrique nécrologique, ou à collectionner les encarts humoristiques de Robert Escarpit ou Claude Sarraute qui m’ont fait découvrir les finesses de la langue française.


Mes initiateurs à la politique s’appelaient l’immense Hubert Beuve-Mary, le fondateur du journal, et puis les excellents Pierre Viansson-Ponté, André Fontaine, André Julien, Jacques Amalric, Paul Balta, Éric Rouleau, etc … etc … . Je leur suis profondément reconnaissant pour tout ce qu’ils m’ont apporté. Sans complexe j’avoue que cette pléiade de journalistes que j’ai cités et beaucoup d’autres dont j’ai omis les noms, ont façonné ma pensée, notamment en m’inculquant l’esprit critique dont je fais usage dans mon quotidien.


« Le Monde » était pour moi un cadre mirifique dans lequel il y avait cependant une tâche noire qui me peinait : tout au long de ces décennies, je n’ai pas relevé un seul article favorable au Maroc. Mon pays était toujours dépeint avec beaucoup d’acrimonie. Je ne dis pas que la sévérité du ton du journal ne se justifiait pas à l’occasion d’agissements scandaleux des gouvernants marocains. Mais la systématisation des critiques très acerbes, occultait d’une manière non moins systématique les actions positives du Maroc, ou masquait les progrès qu’il enregistrait de temps à autre. Je trouvais très suspecte cette volonté délibérée de ternir, et encore ternir jusqu’à noircir l’image du Maroc.


Au même moment l’Algérie bénéficiait d’un traitement privilégié. J’étais ravi pour nos voisins, car moi aussi j’étais gagné par la grâce de l’Algérie-mania qui prévalait dans les années 1960. Des articles dithyrambiques portaient aux nues tout ce que l’Algérie entreprenait. Le traitement différencié entre les deux voisins était saisissant d’injustice et de mauvaise foi. Parfois, sans à-propos, le journal donne l’impression de guetter l’occasion de mettre en exergue la réalisation la plus insignifiante en Algérie, juste pour faire douter du Maroc.


On n’a pas besoin d’être un observateur averti pour imaginer que « Le Monde » a entretenu avec constance la rivalité maroco-algérienne. Parfois la manœuvre est trop voyante pour ne laisser aucun doute sur les desseins inavoués du journal. Une telle constance dépasse de loin sa mission journalistique, pour adopter l’attitude de « l’officieux » de la stratégie française.


En effet, en quoi la position du journal « Le Monde » est-elle si importante dans les développements passés et actuels des préoccupations stratégiques de la France au Maghreb?


En lisant assidûment ce quotidien, je m’étais rendu compte que sa ligne éditoriale transcende tous les clivages idéologiques et politiques français, et échappe souvent à l’autorité des Présidents en place, car elle est le reflet exact de l’opinion de l’État Profond.


« Le Monde » est devenu une institution imposante au point d’imposer aux Français une conscience politique aussi proche que possible de l’État Profond, l’émanation du véritable pouvoir ! Pour les plus avisés, la seule lecture de ce journal leur permet de dégager les desseins inavoués de la politique française.


En effet, la proximité fusionnelle entre ce quotidien du soir et les véritables détenteurs du pouvoir à Paris donnait une idée sur l’état des relations Franco-marocaines. Même quand ces relations semblaient au beau fixe, « Le Monde » trouvait toujours le moyen de sortir opportunément des articles au vitriol pour bien marquer que le Maroc ne trouvera jamais grâce aux yeux de ceux qui tiennent la barre de l’État Profond.


Pourtant le Maroc a donné tous les gages de bonne volonté pour précisément gagner cette grâce aux yeux de toute la France. Dans une chronique en date du 2 novembre 2022, intitulée Maroc : griefs contre la France, j’avais rappelé que malgré les crises successives qui ont jalonné les relations entre les deux pays, elles n’ont pas mis en péril le semblant de bonne entente, car le Maroc a toujours pris sur lui pour éviter le clash et pour demeurer le partenaire fiable et de confiance.


Préoccupé par son seul développement, le Maroc a fait preuve de doigté pour contourner les pièges dressés par tous ceux qui voulaient entraver son développement. Ainsi a-t-il déjoué toutes ces tentatives, évacuant du coup les risques de conflit. Accommodement après accommodement, le comportement du Maroc finit par apparaitre un tantinet mollasson. Il heurtait la fierté de toute une élite marocaine qui n’arrivait pas à voir, à travers l’opacité de la diplomatie de l’ombre, les raisons de la mansuétude du Makhzen face à la sournoiserie française.


Aujourd’hui que les masques commencent à tomber, les Marocains ont toutes les peines du monde à admettre ce qui leur semble comme un revirement de la France, mais qui en fait n’est que la constance de sa politique à notre égard, se parant au gré des moments de l’habit qui convient. La sidération est d’autant plus grande, que la multitude des Marocains amoureux éconduits de la France, dont je suis, n’arrivent pas à comprendre l’hostilité persistante de ce pays. Une hostilité que la toute bienveillance du Maroc n’arrive pas à modérer.


Pourtant, sans s’infliger la peine de lire régulièrement « Le Monde » pendant des décennies comme ce fût mon cas, les Marocains n’avaient qu’à se pencher sur des faits historiques saillants pour réaliser la constance de l’hostilité française.


Le dépeçage du Maroc était une quasi obsession imposée par l’État Profond et qu’aucun Président français, pas même Chirac, n’est arrivé à atténuer.


Le Nord du Maroc a été attribué à l’Espagne, le Centre à la France, et à nouveau le Sud pour l’Espagne. Sans compter la création artificielle de la Mauritanie juste pour couper le Maroc de ses profondeurs africaines. Les Marocains ont accepté cette amputation car ils parient sur leurs liens multi-séculaires avec la Mauritanie pour lui assurer une grande porosité avec le reste de l’Afrique.


Le dépeçage s’est poursuivi tout au long du Protectorat en violation flagrante du traité du 30 Mars 1912. En vertu de ce traité, la France était supposée « protéger » l’intégrité du Maroc. Mais elle a fait tout le contraire en le spoliant de territoires entiers en les rattachant à son ancienne colonie. De la vénalité dans toute sa crasse !


Une majorité de Marocains ont pris conscience de la dureté et de la persistance de l’hostilité française, mais peu d’entre-eux se posent la question sur les raisons de cette hostilité. Retour encore vers le journal « Le Monde » pour essayer de comprendre. On se rendra compte à sa lecture que deux autre pays sont l’objet de la même vindicte, et frappés par la même hargne : la Russie et la Turquie !


Qu’est-ce que ces deux pays ont-ils de commun avec le Maroc ? A priori les trois ont en commun le fait qu’ils sont les héritiers d’une grande histoire. Là évidemment, l’incompréhension est totale car la France est elle-même le produit abouti d’une fabuleuse histoire. Ceci devrait normalement conduire à une meilleure entente, et la rapprocher davantage de ces trois pays.


Dans les faits, la France donne plutôt l’impression de leur préférer les pays avec le moins de recul historique. Il est vrai que les peuples avec un fond historique solide sont généralement d’un patriotisme ombrageux. Donc ils sont moins malléables, et ils ont des exigences élevées que leur passé leur impose.


Quand la France tourne le dos à ces pays-là, elle tourne le dos en dernier ressort à l’âme française, et à ce qui a fait la grandeur de cette République !


Aller dans le sens de l’Histoire ne semble pas convenir au Président Macron. Il ne réalise même pas que ses outrances desservent son pays. Pire il se sent réconforté dans son hostilité à la Russie par l’aversion quasi unanime des Occidentaux envers Poutine. Quant au combat que Macron mène contre le Maroc et la Turquie, il trouve dans l’hostilité de l’opinion française contre l’Islam le large soutien qui le conforte.


L’explication, un peu « intellectualiste », de l’aversion de la France pour le Maroc à partir de considérations d’ordre historiques et culturelles, peut ne pas entraîner l’adhésion d’une majorité de personnes qui n’arrivent pas à percevoir à quel point l’histoire et la culture peuvent peser dans les relations entre nations.


Alors ceux qui sont plus concrets avancent d’autres considérations comme le fait que le Maroc se développe à une cadence nettement supérieure à ses voisins. Or la France ne s’accommodera jamais de l’émergence d’un Dragon africain qui viendrait se repaitre de l’héritage qu’elle n’a pas su préserver. Sa hargne anti marocaine se nourrit d’un sentiment d’impuissance face à l’intérêt grandissant des nouvelles puissances (Russie, Chine, Inde, Turquie etc ...) pour cet héritage.


Devenue impotente et grabataire, la France ne peut lutter contre les nouveaux arrivants sur son pré-carré, alors elle s’en prend au Maroc, le croyant à sa portée. Erreur stratégique, car s’il y a un pays qui aurait pu l’aider, et qui pourrait encore l’aider pour sauver une partie des meubles, c’est bien le Maroc !

Abdelahad Idrissi Kaitouni.

















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