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Goût récurent de l’inachevé !




Dans le conflit qui nous opposait et qui nous oppose encore à l’Espagne, le Maroc menait très largement aux points jusqu’au moment où il y a eu la déferlante de migrants sur Sebta, avec hélas de nombreux mineurs. Cette bévue a failli retourner l’opinion internationale contre nous. Et ce n’est pas sans peine que nous essayons de restaurer notre image.

Avec l’Algérie, nous étions à deux doigts de gagner par KO la junte militaire. Les vociférations et la hargne qui s’est emparée des seconds couteaux des quarterons de généraux montraient bien que leur régime est aux abois. Plus fort ils aboyaient, plus ils se rapprochaient de l’implosion finale.

Malheureusement notre diplomatie, trop impatiente a cru pouvoir porter le coup fatal en brandissant la question kabyle. Elle a voulu forcer le destin au prix d’un renoncement malencontreux à un principe qu’elle a toujours défendu, et dans toutes les instances, celui de la préservation de l’intégrité des pays et du refus de leur partition. De plus jamais le Maroc n’a été compromis dans une quelconque ingérence dans les affaires d’autrui.

Le Maroc a toujours été exemplaire dans ses démarches internationales. N’étant pas une maison de verre, il ne craignait pas les jets de pierres et les pétards mouillés des voisins. Pourquoi a-t-il cette fois-ci cédé aux provocations algériennes dont il est pourtant coutumier ?

La sortie hasardeuse du Maroc face aux Non-alignés risquerait de retarder l’inéluctabilité de la solution escomptée, et ce dans la mesure où la diplomatie algérienne va s’emparer du rôle de victime pour faire accréditer l’idée que c’est elle qui est visée par une tentative de partition.

Il est pour le moins curieux qu’après plus d’un demi-siècle de turbulences avec ce pays, certains Marocains n’arrivent toujours pas à comprendre que l’Algérie est dans une crise identitaire larvée qu’elle cherche à affirmer en se raccrochant à la toute symbolique et désuète unité qui lui fait défaut et qu’elle a tout le mal du monde à parachever. Normal que l’algérien soit chatouilleux lorsqu’on lui dispute ce qu’il n’a pas encore atteint. Son patriotisme en devenir le rend ombrageux, et du coup imprévisible.


Même si je passe pour quelqu’un qui a la dent très dure à l’encontre des gouvernants algériens, j’ai essayé de faire les préconisations les moins dommageables pour mon pays, au risque de marquer parfois de la mansuétude pour nos trublions voisins. C’est ainsi qu’il y a cinq ans et demi, en février 2016, j’ai publiée une chronique intitulée « Arrêtez l’Algérie bashing ! » https://nouveaudonquichotte.wixsite.com/nouveaudonquichotte/post/ndq-arrêtez-l-algérie-bashing, où j’expliquais que le Maroc n’a aucun intérêt dans la partition de l’Algérie, et où je soutenais la solution qui me paraissait la moins dommageable pour nous !

J’ai répliqué en 2018 par un article intitulé « Maroc-Algérie, ou l’impossible dialogue ! » https://nouveaudonquichotte.wixsite.com/nouveaudonquichotte/post/ndq-maroc-algérie-ou-l-impossible-dialogue, où je tentais de comprendre pourquoi le gouvernement algérien s’était obstinément refusé à donner suite à la main tendue par Mohamed VI pour remettre à plat les relations entre les deux pays pour repartir sur de nouvelles bases.


Je me refuse de trouver la moindre circonstance atténuante aux agissements de nos voisins de l’Est. Mais force est donnée de constater que nous avons une fâcheuse propension à bloquer, ou tout au moins à retarder, des processus qui nous sont particulièrement favorables. Que ce soit avec l’Espagne hier ou avec l’Algérie aujourd’hui, nous restons avec le goût amer de l’inachevé.

Maintenant que le coup est parti, il convient de retrouver les vertus dont se parent habituellement notre diplomatie. Signifier à l’Algérie que son talon d’Achille c’est la Kabylie, c’est fait ! Lui rappeler ses multiples fragilités serait de bonne guerre car le stresse, pourquoi pas la peur, doit changer de camp. Mais tout appui formel aux Kabyles serait contre-productif. À notre diplomatie de jouer habilement pour laisser s’enfoncer l’Algérie sans lui emprunter ses méthodes. Son implosion se saurait tarder.


Abdelahad Idrissi Kaitouni.












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