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Ghali Gate, ou le verre à moitié plein!




Nos parents étaient-ils plus futés que nous ? L’histoire nous rappelle qu’ils ont réussi à mettre fin au Protectorat en boutant les Français dehors après seulement 44 ans, alors que nous, nous n’arrivons toujours pas à sortir des griffes algériennes depuis 46 ans et ce, sans certitude de voir la fin du conflit dans un avenir prévisible.


Est-ce par lassitude, après tant d’années, que nous avons cédé aux provocations de nos ennemis en devenant partie prenante dans des crises dont on savait l’issue incertaine ? Avions-nous raison d’ouvrir autant de fronts à la fois ? Comme si le front pitoyable et permanent, celui de l’Algérie ne suffisait pas, nous avons hardiment voulu répondre aux provocations insidieuses de l’Espagne et de l’Allemagne.


Ces provocations, à mon humble avis, il nous fallait y répondre. Sinon, nous aurions, à notre corps défendant, favoriser l’escalade dans les provocations. Peut-être même aurons-nous incidemment ouvert la voie à d’autres puissances pour qu’à leur tour, elles viennent nous harceler.


Ces provocations ne cesseront pas tant que nos partenaires, tous nos partenaires ne réalisent pas que le Marocain est d’un patriotisme ombrageux et qu’il est naturellement accommodant sauf quand il s’agit de son pays, son identité. Des valeurs sacrées !


Si la majorité de nos compatriotes ne sont pas mécontents que nos officiels aient réagi aux provocations externes, rares sont ceux qui se sont souciés de la tournure que les choses allaient prendre. Je ne parle pas de ces faux intrépides qui derrière leur écran-clavier inondaient les réseaux sociaux avec des accents guerriers. Je pense à ceux nombreux qui ont applaudi aux décisions gouvernementales et se trouvent aujourd’hui face à ce qui s’apparente à un fiasco.


Il est trop tôt pour dresser une analyse rigoureuse et comprendre à quel moment la situation a dérapé, quelle a été la réaction excessive, ou la réaction de trop, quel est le soutien qui nous aurait fait défaut, bref où se situait le grain de sable ? Sans oublier bien entendu les responsabilités, encore qu’au Maroc il est toujours difficile de les situer à cause l’opacité des mécanismes de prise de décision.


Toutes ces questions attendent des réponses claires et précises. Non pour d’éventuelles sanctions ou des règlements de comptes, mais pour interpeller notre intelligence collective qui, elle seule, nous épargnera de nouvelles déconvenues. Ce sera aussi une manière de dire à nos ennemis que le Marocain assume parfaitement ses erreurs et se présentera désormais plus aguerris face à eux pour livrer les prochaines batailles.


Si l’analyse de ce demi-échec demande du temps, il d’ores et déjà possible de dresser un premier bilan. Le premier gain engrangé est d’avoir montré que le Maroc n’hésite pas à sacrifier des intérêts majeurs pour préserver son intégrité. L’Espagne et l’Allemagne sont parmi les partenaires les plus importants du pays. A eux deux ils représentent près de la moitié de notre commerce international. C’est dire que l’enjeu est considérable et on mesure du coup l’ampleur du risque que le Maroc est prêt à prendre.


Que le message soit perçu comme tel par nos partenaires, et nous voilà à l’abri de chantages de même nature. Nous n’avons certes rien obtenu de ce qui était escompté de la crise, mais nous avons sûrement réussi à faire changer le regard que nos partenaires posaient sur nous.


L’autre aspect positif de la crise c’est que le problème de Sebta et Melilla vient subitement d’émerger des profondeurs dans lesquelles il était enfoui pour soit-disant préserver les fausses bonnes relations avec l’Espagne.


Maintenant nous ne pouvons plus revenir en arrière et désormais le problème doit être posé devant toutes les instances, quatrième commission des Nations Unies, Union européenne, Union africaine, Ligue arabe, Conférence islamique, la totale. Pour frapper l’imagination et montrer notre détermination nous devons créer un ministère dédié à la récupération de ces deux villes.


Réactiver ce dossier revient aussi à faire dissoudre la problématique migratoire où l’Europe essaie de nous enfermer. Comment l’Europe peut-elle encore nous demander de faire le gendarme sur son flanc ouest alors que sa frontière ouest est contestée ? De surcroît par le présumé gendarme lui-même !


Enfin, devons-nous nous féliciter d’avoir exacerbé la crise pour démasquer la duplicité et la sournoiserie de l’Espagne, de l’Allemagne et l’ensemble de l’Union Européenne. Ces puissances font peu de cas des grands principes qu’ils nous reprochent de ne pas respecter si on fait le moindre petit écart. On l’a vu avec le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs : ils nous tancent pour les insuffisances de notre justice, alors qu’eux-mêmes bafouent allègrement la leur sur l’autel des intérêts politiques. Les assassinats, les viols, les crimes de guerre ne pèsent pas lourds face aux arrangements douteux avec un quarteron de généraux dont tout le monde connaît leur forte propension à corrompre.


L’Europe vient à la rescousse de l’Espagne prise en flagrant délit de transgression des principes fondateurs des sociétés modernes. Pire l’Europe se veut solidaire d’un des siens, une solidarité qu’ils condamnent quand d’autres manifestent la leur avec la Palestine, dont la cause est pourtant juste et morale. L’Europe vient de nous signifier qu’elle soutient et soutiendra l’iniquité quand c’est le fait d’un des siens.


Alors jamais, au grand jamais nous ne devons accepter les leçons de morale des Européens. Refusons leurs critiques, elles sont formulées juste pour nous cadrer chaque fois que nous essayons de secouer le joug de leur domination.


La coopération avec l’Europe a atteint un palier difficile à dépasser car le vieux Continent subordonne tout au maintien de l’absolu de sa prééminence. Feignons comme si seulement aujourd’hui que nous découvrons le véritable visage de l’Europe et procédons à une re-fondation totale de nos relations avec elle. En ceci la crise actuelle aura été bénéfique.


Abdelahad Idrissi Kaitouni









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