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Mon blog

Attention aux signaux faibles et surtout à l’absence de signaux.



J’ai reçu hier une message complètement désopilant d’une jeune femme Franco-marocaine qui a décidé, contre toute attente, de mettre un voile sur sa tête. Impossible de ne pas rapporter à mes lecteurs des différents groupes de FB, et ceux de mon blog Nouveau Don Quichotte, les raisons qui l’ont poussée à se voiler. Avant d’exposer la truculence du message, j’aimerai donner une idée sur cette personne, qui devient assez iconoclaste dans son genre.


Il s’agit d’une jeune femme, la quarantaine insolente, issue de parents marocains. Elle est native de la région parisienne, et c’est un pur produit de l’école publique française. Sa réussite est belle à conter, tant sur un plan universitaire que professionnel. Pour moi c’est une maîtresse-femme de par la maîtrise avec laquelle elle mène sa vie. J’estime aussi que c’est une bonne vivante, alors que d’autres pensent qu’elle crame la vie par les deux bouts, car elle baise, elle boit, elle fume, pète et rote comme un soudard. Quant à la prière, le Ramadan ou le Halal, il faut repasser.


Rien donc ne prédispose une telle personne à se voiler, d’autant que sa connaissance de l’Islam n’est pas du niveau de l’intellectuelle qu’elle est. Elle accepte volontiers les critiques de la religion, mais devient rétive chaque fois qu’on s’attaque à l’Islam, car dit-elle c’est une partie de son identité qui est bafouée.


Voilà ce que dit notre nouvellement voilée :

“Mon tonton préféré, je sais que tu as la France chevillée au corps et que tu souffres de ce qui s’y passe. J’imagine que tu es au courant des derniers développements qui t’ont sûrement offusqué. Pour ma part je suis complètement désemparée depuis que Macron, je veux dire par là le Président de tous les Français, est monté au créneau pour annoncer l’avènement d’une société de vigilance, un terme pudique pour ne pas appeler à une société de délation.

Le signal donné par Macron a largement ouvert les vannes à tous ceux qui veulent en découdre avec l’Islam. Chacun énonce les mesures les plus coercitives en fonction de sa hargne, et bien entendu la surenchère y va bon train. Pourtant ils n’en sont qu’au stade de la définition et du repérage de l’ennemi. On atteint des sommets dans l’absurdité. Les Français sont appelés à dénoncer tous les signes de « radicalisation », entends par là, tout indice d’appartenance à la religion musulmane. Certaines officines vont jusqu’à recommander de ne pas se contenter des signes convenus comme la barbe ou le voile, mais qu’ils faut aller au-delà pour détecter ce qu’ils appellent les signaux faibles. S’absenter par exemple du travail même par inadvertance à un moment de prière va faire peser de lourdes présomptions. Autre exemple, je me sens dans l’obligation de faire la bise à un collègue que je déteste particulièrement, sans quoi je risque de passer pour une dangereuse radicalisée.

Cerise sur le gâteau, d’autres officines vont jusqu’à suggérer que le Musulman qui ne présente aucun signe, mais vraiment aucun signe de radicalisation est potentiellement plus dangereux que celui qui en émet. Un Musulman qui n’en n’émet pas est juste quelqu’un qui est passé maître dans l’art de la dissimulation et du camouflage. A croire que chaque Musulman est un terroriste en puissance. 

J’appartiens à cette catégorie qui n’émet aucun signal, sauf peut être celui émis par mon nom et par mon faciès assez typé. Alors pour éviter cette fouille crasse de ma vie et pour échapper à cette vindicte quotidienne, j’ai décidé de me voiler. Se voiler n’est pas un geste anodin. L’écrasante majorité de celles qui le font sont contraintes et forcées par leur entourage. Moi, je me sens contrainte et forcée par le climat délétère qui prévaut autour de moi.

Mon tonton adoré, je redoute ton jugement car la femme de fer que j’étais à tes yeux a fini par mettre un morceau de tissu sur la tête comme pour hisser le drapeau blanc de la reddition. Vais-je aller plus loin dans les concessions à faire à des bourreaux invisibles et anonymes ?

Non, je n’y crois pas ! J’aime beaucoup la France, mon pays et j’ai peine à imaginer qu’un jour il puisse sombrer dans les excès de l’Allemagne nazie. Les Allemands faisaient surveiller leurs voisins et faisaient de la délation car ils avaient peur de la Gestapo. Les Français ne doivent avoir peur de personne, sauf peut être d’eux-mêmes. Des peurs cultivées à dessein pour masquer les véritables problèmes de la France. Il suffit que les gouvernants, Macron en tête, cessent de cultiver les peurs de l’autre, de celui qui est différent pour que la France retrouve son aura et resplendisse de toutes ses Lumières comme naguère. Je n’en serai que plus fière!”

Abdelahad Idrissi Kaitouni.


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