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Mon blog

Émotion quand tu nous prends !




Je suis quelque peu déconcerté par certains commentaires qui ont accueilli ma toute dernière chronique. Pourtant je me suis évertué à prendre toutes les précautions de langage pour expliquer comment notre diplomatie a souvent réussi à mettre en grande difficulté nos voisins. Mais à chaque fois l’issue semble compromise ou du moins retardée par un fait ou un geste surprenant car jamais expliqué. D’où le titre de « goût amer de l’inachevé ».

C’est en fait la sempiternelle distance qui sépare généralement le Discours de la Méthode. Autant notre Discours est d’une très grande rigueur, autant la charge émotionnelle, tout à fait légitime dans ces cas-là crée quelques distorsions dans la Méthode.

Je respecte tous ceux qui cèdent à cette charge émotionnelle pour exprimer leur ras-le-bol et dire combien ils sont excédés par les vilénies des voisins. Je peux même comprendre ces va-en-guerre, qui le deviennent, non pas par bellicisme mais par amour éperdu pour leur patrie. Oui tout part de bon cœur, le concert de louanges quasi unanime, comme les appels à la prudence.

Certes, l’adversaire est complètement groggy par l’uppercut judicieusement placé par notre diplomatie. Est-ce que le fait de dire qu’il faut malgré tout un peu de retenue fait de vous un mauvais patriote ?


Quand je parle de diplomatie marocaine je me garde de mentionner des noms. La raison est que le mécanisme de prise de décisions au Maroc est très opaque et on ne sait jamais qui décide de quoi. Toujours est-il que derrière ces décisions il y a des hommes sûrement de grande qualité, des hommes qui vivent sous la pression permanente des événements. Et puisque c’est des hommes comme chacun de nous, ils ne peuvent échapper à la pression de l’opinion qui malheureusement aujourd’hui ne s’exprime qu’à travers les réseaux sociaux.

La multitude de gens devenus, comme moi, des intellectuels par la grâce de Facebook qui nous offre de très larges tribunes, doivent bannir de leurs textes toute surenchère. Ajouter de la pression à la pression qui pèse déjà sur les épaules de nos dirigeants n’est pas digne d’un intellectuel. Construire un argumentaire avec ses seules émotions ne peut être recevable non plus.

J’ai signé ces toutes dernières années une trentaine de chroniques, parfois très longues, sur le conflit qui nous oppose à l’Algérie. Mes propos sont souvent du vitriol à l’état pur lancés à la face de gouvernants algériens (en évitant toutefois de tomber dans la grossièreté de l’insulte et de l’injure). Mais ce n’est pas le plus important, ce qui m’importe c’est la violence que je m’inflige personnellement chaque fois que j’aborde le sujet. En effet dans mes chroniques je me soumets à l’épreuve redoutable de brider mes sentiments, à faire fi de mes émotions, alors que souvent je suis heurté dans ma fierté et ma sensibilité de Marocain à cause des turpitudes de nos incommodants voisins.

Qu’importe précisément ces incommodités pour peu que j’arrive à déconstruire le discours algérien, à pourfendre l’incohérence de leurs principes, à restaurer les vérités qu’ils cherchent à pervertir, à dénoncer les allégations et affabulations de leurs responsables, bref à démasquer leurs turpitudes.

C’est à dessein que j’ai donné le lien de deux de mes précédentes chroniques datées de trois ans et de plus cinq, pour rassurer sur la cohérence de ma démarche intellectuelle, et pour montrer que l’argumentaire ne perd rien de sa rigueur même quand j’arrive à me départir des charges émotionnelles.


Dans cet ordre d’idée, j’ai intitulé un de mes écrits : « L’Algérie, ils ne méritent même pas notre colère ! » https://nouveaudonquichotte.wixsite.com/nouveaudonquichotte/post/ndq-algérie-ils-ne-méritent-même-pas-notre-colère, car dans mon esprit éprouver de la colère c’est se punir pour une faute qu’on n’a pas commise. Plus leurs provocations s’accentuent, plus notre colère devient générale, en somme une punition collective que nous nous infligeons !

Nous avons affaire à une horde de voyous, et je n’ai pas hésité à ce propos de titrer récemment : « L’Algérie : comment nous en avons fait un état voyou ? » https://nouveaudonquichotte.wixsite.com/nouveaudonquichotte/post/ndq-l-algérie-comment-nous-en-avons-fait-un-état-voyou-les-conditions-d-un-bon-voisinage, car il est évident que la junte militaire est composée d’individus sans éducation, sans fierté et sans dignité. Autrement dit, des individus d’autant plus imprévisibles qu’ils n’accepteront jamais l’inéluctabilité de leur défaite. Plus l’imminence de la défaite se rapproche, plus leur capacité de nuisance augmente.


Alors que faire face à l’affolement et la perfidie de la junte militaire algérienne ? À mon humble avis, le Maroc doit continuer à gérer habilement la situation comme il a réussi à le faire jusque-là. Sans la pression médiatique de cette partie de l’opinion qui rêve d’en découdre tant elle est vexée, fâchée et surtout lassée par l’insupportable et interminable traîtrise de nos voisins, mais avec le concours encourageant de tous ceux qui sont de bons conseils, car ils savent s’affranchir du facteur émotionnel !

Que ceux qui se prétendent intellectuels se comportent comme tels par un appui inconditionnel à notre cause et en résistant à la facilité de la surenchère.


Abdelahad Idrissi Kaitouni.

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